Langue et production de récits d'une communauté Bajo des îles Kangean (Indonésie)

par Chandra Nuraini-Grangé

Thèse de doctorat en Ethno-linguistique

Sous la direction de Charles Illouz.

Soutenue en 2008

à La Rochelle .


  • Résumé

    Le sama-bajau est un groupe de langues austronésiennes parlées par une diaspora de petites communautés installées généralement sur le littoral en Malaisie (à Sabah, nord de Bornéo), aux Philippines (archipel des Sulu) et sur de très nombreux rivages de l’Est de l’Indonésie. Notre lieu d’enquête est le petit archipel des Kangean, district de Sumenep, province de Java Est, Indonésie. Nous décrivons la langue bajo de Kangean en examinant successivement les systèmes phonologiques, lexicaux et morpho-syntaxiques. La partie dévolue au lexique comprend des éléments de diachronie et quelques comparaisons avec d’autres langues Sama-Bajau, et traite des règles de dérivation ; en outre un glossaire bajo-indonésien-français figure en annexe. Le phénomène le plus remarquable en morpho-syntaxe est la diathèse (système des voix). Il existe une opposition ergatif-absolutif, mais strictement limitée aux paradigmes des pronoms personnels. Le bajo de Kangean n’a pas d’ordre syntaxique non marqué car on utilise aussi bien VSO que SVO, principal argument pour affirmer que l’on a affaire à une langue à voix symétriques. La littérature orale des Bajos consiste essentiellement en longues épopées chantées, appelées iko-iko. Nous avons transcrit et traduit cinq iko-iko en indonésien et en français, travail qui a exigé plusieurs années. Ce genre littéraire oral (appelé aussi ikiko ou encore kata-kata) a déjà donné lieu à des études aux Philippines, mais pas encore en Indonésie. Nous tentons de définir le genre iko-iko sur les plans social et culturel. Nous décrivons les pratiques sociales qui aujourd’hui à Kangean entourent le chant d’un iko-iko. Nous mettons en correspondance de rares sources historiques avec le contenu des récits. Sur le plan littéraire, nous présentons la structure narrative commune des iko-iko et les personnages typiques de ces récits. Outre le chant et la prosodie, les procédés littéraires contribuent à la beauté de l’œuvre : métaphores, motifs narratifs, mais aussi vestiges de compositions parallèles (paraphrases par paires), typiquement austronésiennes. Un autre objectif de cette thèse est de sauvegarder pour les générations futures des Bajos des témoignages de l’art littéraire iko-iko, menacé par la modernité comme bien d’autres patrimoines immatériels.

  • Titre traduit

    Language and oral literature of a Bajo community of the Kangean islands (Indonesia)


  • Résumé

    The Sama-Bajau languages are Austronesian languages spoken by a diaspora of small communities scattered on some shores of the Southern Philippines, Sabah (Malaysia) and many islands of the eastern part of Indonesia. Our research field is the tiny Kangean archipelago, regency of Sumenep, province of East-Java, Indonesia. We describe the Kangean archipelago Bajo language, dealing successively with its phonology, lexicology and morphosyntax. The chapter devoted to lexicology comprises elements of diachrony, comparison with other Sama-Bajau languages, and treats of the derivational formations; additionally, a Bajo-Indonesian-French glossary is annexed. The main morphosyntactic feature is the diathesis (voice system). There is an ergative-absolutive opposition, yet bounded to the personal pronouns paradigms. The Kangean Bajo has no prototypic word order, VSO is equivalent to SVO, hence a strong argument for considering it as a symmetrical voices language. The oral literature of the Bajo consists mainly of long epic songs, called iko-iko. We transcribed et translated five iko-iko to Indonesian and French, a work that demanded several years. This oral literature genre, also called ikiko or kata-kata, has been studied in the Philippines, but not yet in Indonesia. We attempt to define the iko-iko genre in its social and cultural aspects. We describe the social circumstances of the performance of an iko-iko nowadays in Kangean. We match the scarce historical sources to the content of these epics. On the literary side of this study, we expose the common narrative structure of the iko-iko and the typical characters. Beside the song and the prosody, the beauty of the epics comes through metaphors, narrative motives as well as vestiges of typically Austronesian parallel compositions. This dissertation is also aimed at salvaging for the future generations of Bajo people a remnant of the iko-iko genre, which is like elsewhere threaten by modernity.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (276, 520 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 273-276. Glossaire

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  • Bibliothèque : Université de La Rochelle. Bibliothèque universitaire.
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