Corpulence et genre en Europe : le poids des inégalités d'apparence et de santé

par Thibaut de Saint-Pol

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Alain Chenu.

Soutenue en 2008

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    Cette thèse de sociologie appréhende le corps à travers la corpulence, caractère objectivable qui permet d’apprécier la complexité des liens qui unissent le poids des individus aux caractéristiques sociales qui les distinguent. Socialement déterminée, la corpulence est ainsi un moyen pratique de mettre en évidence les enjeux que le corps incarne et dissimule, et ce en exploitant de façon critique les données de neuf grandes enquêtes quantitatives. Cette recherche fait apparaître l’importance du genre dans l’appréhension des différences de corpulence. Les écarts entre milieux sociaux sont plus forts pour les femmes. Le rapport des femmes à leur corps et à la minceur est plus contraint que celui des hommes, la corpulence renvoyant plus chez elle à la beauté et chez les hommes à la force. Pour ces derniers, le sous-poids, dévalorisé, joue un rôle symétrique au surpoids chez les femmes. L’étude de la situation française dans un cadre européen fait apparaître sa singularité. L’augmentation de la prévalence de l’obésité va de pair avec un accroissement des inégalités sociales qui touche plus particulièrement les femmes. Le lien entre obésité et pauvreté vaut surtout d’ailleurs, en France, pour elles. Mais quel que soit leur sexe, les personnes obèses souffrent des conséquences de leur poids à la fois en termes de santé, d’intégration professionnelle et de perception de soi. Si les femmes apparaissent plus sensibles à la dimension esthétique et les hommes à la dimension médicale, ces deux aspects s’entremêlent. Les inégalités de santé vont de pair avec les inégalités d’apparence et sont à la fois produites par et productrices des inégalités économiques et sociales.

  • Titre traduit

    Weight and gender in Europe : the importance of the inequalities of appearance and of health


  • Résumé

    This sociology thesis apprehends the body through weight, and more precisely, through the body mass index (BMI), which allows to appreciate the complexity of the connection between the weight of individuals and the social characteristics which distinguish them. The study of weight and body shape, which are socially determined, is a way of shedding light on the stakes that the body incarnates and conceals. This is done by making use of data from nine major quantitative surveys. This research shows the importance of gender in the apprehension of weight differences. Differences between social classes are stronger for women. The relation of women to their bodies and to thinness is more constrained than that of men, body shape reflecting mainly beauty for women and force for men. For the latter, under-weight, devalued, plays a symmetrical role to overweight for women. The study of the French situation within a European framework shows its singularity. The increasing prevalence of obesity is associated with an increase in social inequalities which particularly affects women. Besides, the link between obesity and poverty, in France, is stronger among them. But whatever their sex, obese people suffer from the consequences of their weight both in terms of health, work integration and self-perception. Women are more sensitive to the aesthetic dimension and men to the medical dimension, but these two aspects mix. Health inequalities are associated with inequalities in appearance and are both produced by and producing economic and social inequalities.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (433 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 372-402

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