L'épandage des boues de stations d'épuration urbaines : une institutionnalisation sans fin

par Marie d' Arcimoles

Thèse de doctorat en Sociologie. Sociologie de l'action

Sous la direction de Christine Musselin.

Soutenue en 2008

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    La thèse étudie la genèse, l’installation progressive et, plus récemment, les remises en cause multiformes de la solution de l’épandage agricole des boues de stations d’épuration urbaines en France. Afin de retracer ce cheminement, elle s’articule autour de deux grandes parties qui visent à restituer la dynamique par laquelle, depuis les années 1970, la pratique d’épandage s’est progressivement constituée en « bonne solution » et imposée comme mode d’évacuation privilégié des boues urbaines avant de s’installer durablement comme « solution problème » instable et conflictuelle au plan local comme au plan national. Elle repose sur une série d’enquêtes qualitatives menée dans douze départements français et à l’échelle des organisations nationales concernées (600 entretiens). Structurée autour de deux dynamiques bien distinctes – l’institutionnalisation d’une solution d’un côté ; sa remise en cause de l’autre –, la thèse analyse cependant moins le surgissement d’une discontinuité nette et brutale dans une dynamique d’irréversibilisation que les mécanismes d’inscription dans une forme singulière de continuité. Le processus d’institutionnalisation se réinvente sans cesse sans jamais véritablement se figer dans des formes normalisées ou des jeux routiniers et sans que les débats qui s’ouvrent ne trouvent jamais de voie de sortie définitive ; mais l’instabilité structurelle qui caractérise la filière d’épandage ne génère pas non plus les effets de réversibilité attendus : vulnérable et contestable dans la durée, la solution n’en trouve pas moins le moyen de se renouveler continûment – plus, les ingrédients d’instabilité participent de la permanence de cette solution.

  • Titre traduit

    Agricultural spreading of urban sewage sludge : an endless institutionalisation


  • Résumé

    The thesis, defended in the field of organizational sociology, studies how, in France, agricultural spreading of urban sewage sludge from water purification plants came gradually into being and has faced controversies, since the 1990’s. The thesis is structured into two parts, with a historical perspective from 1970 until today, in order to set out the process through which agricultural spreading first became the “right and obvious solution” to discharge urban sewage sludge (first part), before emerging as an unstable and conflicting “problematic solution”, both on a local and a national level (second part). The study is based on qualitative surveys (600 interviews) carried out in twelve French departments and in related national organisations. Two different dynamics have been identified: the institutionalisation and the destabilisation of the agricultural sewage sludge spreading. The purpose of the thesis is less to analyse a sudden and straight discontinuity in an irreversibilisation process, than to analyse a singular form of continuity. The institutionalisation process is never fixed into stable normsand routines, and the debate never finds a definite end; the structural instability of this solution doesn’t ever lead to the giving up of agricultural spreading, as it could be expected. The latter constantly regenerates and renews itself. Further more, sources of instability take part in its consistency.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 2 vol. (543 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 478-499

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Fondation nationale des sciences politiques. Bibliothèque.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.