Liberté de croyance et de religion : en quête d'une neutralité de l'Etat ?

par Ingvill Thorson Plesner

Thèse de doctorat en Sciences religieuses

Sous la direction de Jean Baubérot et de Eivind Smith.


  • Résumé

    The thesis’ main questions are whether the state should be “neutral” in relation to religion, and if so: in what sense? The two more specific research questions address a) the actual relationship between various notions of neutrality and freedom of religion or belief as a human right (from a legal perspective); and b) how this relationship ought to be (from an ethical perspective). The thesis includes a theoretical and comparative analysis as well as a normative discussion of a concept – state neutrality in relation to religion – and its relation to the right to freedom of religion or belief. The analysis is based on a combined methodology including conceptual analysis (chapter 2), comparative legal method (chapter 3), human rights law analysis of the right to freedom of religion and belief with ion the basis of international treaties and (court) cases (chapter 4), and ethical analysis of constitutive values and emerging dilemmas relating to “neutrality” in the field of religion and belief (chapter 5). The presentation of main conclusions of the thesis (chapter 6) is related distinctively to legal vs ethical perspectives and gives implications for national debates as well as the international human rights discourse. A final chapter (chapter 7) shows how the findings relates to other concepts, such as “secularism” and underlines how clarification of principles (such as neutrality and secularism) matter in the sense of having practical relevance for ongoing academic as well as political debates. The conceptual analysis shows that the term “neutrality” is applied with little consistency and often without any clear definition, either among scholars of law and ethics or judges and politicians. Even the European Court on Human Rights uses it undefined. Sometimes, it seems, users of the term take it for granted that it only has one meaning, and hence needs no explanation. I suggest that separation and equality – in various senses of the terms – is what neutrality is about, though only those notions of separation and equality that imply non-identification of state and religion could be seen as notions of neutrality. The legal analysis shows that full state neutrality, in the sense of complete separation between state and religion and/or as full equality in state relations to various religions, is neither possible to practice, nor necessary from a human rights perspective. Neutrality in some senses (e. G. As indifference and as privatization of religion) may even cause conflicts with human rights. Still, there are convincing ethical reasons why the state in general should aim for neutrality in other sense of the term (for instance in the sense of formal and substantive impartiality, and as non-interference of the state with religion). In other words, the separation of state and religion should be clear, but not too rigid, with optimal equality of rights in relation to religion or belief. The comparative analysis shows that the legal systems of all the countries studied – in particular those studied in more depth (Norway, France and the US) – reflect a basic distinction between the power of the state and the power of religion and set certain limits to discrimination on the basis of religion. Unlike Norway, USA and France aim for separation and equality in ways that reflect the core of any principle of neutrality – namely “non-identification” of state and religion in some sense. It further shows that there seem to be different kinds of challenges relating to freedom of religion or belief in countries that aim for neutrality in this sense and in countries that don’t emphasize neutrality as a general legal or religio-political principle. These challenges can be understood as reflections of some core dilemmas in any democratic and pluralistic society, constituted by the regard to some fundamental values that any democratic society should aim to uphold: on the one hand, equal and basic freedoms and rights, also for minorities, and on the other hand, procedures of majority rule and public order.

  • Titre traduit

    Freedom of religion and belief: A quest for state neutrality?


  • Résumé

    Les questions principales de la thèse sont les suivantes: L’État doit-il rester neutre sur toutes les questions religieuses – et si oui, dans quel sens ? a thèse comporte une analyse théorique et comparative, de même qu’un débat normatif sur un concept – la neutralité de l’État eu égard à la religion – et sa relation à l’égard du droit à la liberté de croyance et de religion. L’analyse est basée sur une méthodologie combinatoire : analyse du concept (chapitre 2) ; méthode comparative des applications juridiques (chapitre 3) ; analyse de la loi appliquée aux droits de l’homme en matière de liberté de croyance et de religion en invoquant des traités internationaux et des cas (affaires juridiques) (chapitre 4) ; et analyse éthique des valeurs constitutives et des dilemmes émergeant y afférant (chapitre 5). La présentation des conclusions principales de cette thèse (chapitre 6) est distinctivement associée à des perspectives juridiques versus éthiques et fournit des implications aboutissant à des débats nationaux tout autant que des discours internationaux sur les droits de l’homme. Le chapitre final (chapitre 7) démontre dans quelle mesure les conclusions de la thèse donnent lieu à des débats sur d’autres concepts, tels que le « sécularisme »; il souligne d’autre part à quel point la clarification des principes importe – tels que la neutralité et le sécularisme – pour que concrètement la pertinence de débats théoriques continuels tout autant qu’apolitiques puisse exister. Dans le débat, la doctrine juridique etc. , le terme « neutralité » est utilisé de différentes manières, sans définition précise et/ou cohérente. Même la Cour européenne des Droits de l’Homme emploie ce terme sans spécifier ce qu’elle entend par « neutralité ». Parfois, les utilisateurs du terme estiment qu’il n’a qu’une seule acception et que son explication est donc inutile. Ce flou peut avoir des conséquences importantes pour la compréhension et la solution des enjeux actuels. Après analyse des textes philosophiques et juridiques, le terme semble comporter plusieurs acceptions légitimes, telles que l’indifférence, l’impartialité (en différentes versions) et la non-ingérence. Lorsqu’on parle de « neutralité », on devrait en expliquer davantage le sens. ’analyse amène à la conclusion qu’un État parfaitement « neutre » (dans le sens d’une séparation État/religion totale et/ou d’une équité parfaite des relations de l'État vis-à-vis des différentes religions) est impossible, et que les droit de l'homme tels que consacrés par le droit conventionnel ne l'impose pas. Pourtant, différentes raisons éthiques devraient inciter l’État à se montrer « neutre » dans certaines acceptions du terme (impartialité substantive concernant la liberté de religion ou de croyance, et non-ingérence de l’État dans la religion en tant que telle), mais pas dans d’autres (notamment indifférence et non-ingérence des religions dans les affaires publiques/privatisation de la religion). Par conséquent, la séparation entre l’État et les religions doit être claire (surtout par rapport à la distinction entre leurs domaines respectifs de compétences) sans être trop stricte or rigide (surtout pas au sans de réduire le phénomène religieux à une chose seulement privée), tout en accordant une égalité substantive des droits quelles que soient les convictions religieuses et de conscience, notamment pour toutes les questions relatives à la liberté de religion ou de croyance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (421 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 413-419

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : École pratique des hautes études. Service commun de la documentation, des bibliothèques et des archives.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : DOC 08.11

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.