L’apprentissage d’une nouvelle territorialisation des grands projets routiers au ministère des transports du Québec : entre constructeur de routes et aménageur du territoire

par Ludwig Desjardins

Thèse de doctorat en Urbanisme et aménagement

Sous la direction de Jean-Marc Offner et de Michel Gariépy.


  • Résumé

    La planification des infrastructures routières est marquée par une crise au plan de l’acceptabilité sociale. En quelques décennies, les grands projets routiers ont cessé de représenter des monuments du progrès, pour devenir des objets de débat. Dès les années 1970, le ministère des Transports du Québec (MTQ) faisait face à un contrecoup important de sa politique de développement des routes. Le morcellement des tissus urbains par les réseaux routiers a été fortement dénoncé et plusieurs projets ont connu de fortes oppositions de la société civile. Ces grands projets s’imposent encore aujourd’hui difficilement dans un contexte sociétal où la mise en rapport des différentes représentations véhiculées par les acteurs du territoire peine à mener à des consensus ou à des solutions intégrées. Parallèlement, l’institutionnalisation du débat public (notamment à travers le BAPE) et la mise en place d’un cadre juridique viennent encadrer davantage les projets. En mobilisant le concept d’apprentissage organisationnel, la présente thèse répond à une double interrogation. Elle cherche d’abord à comprendre comment se déploient les projets routiers du MTQ dans leurs rapports aux territoires et à leurs acteurs. Ensuite, elle tente de cerner comment évoluent les pratiques planificatrices de ce promoteur face aux contraintes actuelles de la territorialisation des projets. Le terrain d’étude est formé de l’analyse de quatre études de cas, tous des grands projets routiers planifiés par le MTQ, puis de la recension des grands changements organisationnels liés à la planification des projets routier. Par la confrontation du contenu des projets à chaque étape de leur planification, aux requêtes et représentations mobilisés par les acteurs, les effets du rapport au territoire sur la configuration des projets peuvent être constatés. Il ressort de la thèse que les controverses qui se déploient autour des grands projets routiers témoignent d’une nouvelle forme de territorialisation. Les projets se définissent beaucoup plus dans un enchevêtrement de rapports d’acteurs, que dans l’application de paramètres rationnels prédéfinis. Aux choix tranchants d’un acteur hégémonique se substitue une gouvernance des projets axée sur une imbrication et une pluralité d’acteurs. Les conduites de projet répondent d’un rapport au territoire plus complexe, qui vient remettre en question l’héritage technique et le rôle traditionnel conféré au MTQ. De manière transversale, la thèse fait ressortir une série d’apprentissages au sein des pratiques planificatrices du MTQ face à cette nouvelle territorialisation des projets routiers.

  • Titre traduit

    The organizational learning of a new relation between road projects planning and territory stakeholders : the case of the Quebec Ministry of transportation


  • Résumé

    The planning of large-scaled road projects is facing a crisis of public acceptability. During the last few decades, road projects have stopped being associated with progress, to become a subject of debate among western societies. Since the 1970s, the Quebec Ministry of Transportation (MTQ) has been, and is still facing major conflicts in the planning of road projects, especially in urban neighbourhoods. The impacts to urban fabric by new road networks have created strong oppositions. Therefore, these large-scale projects are more difficult to implement in a societal context where diverging stakeholder views make it difficult to attain consensus or integrated solutions. By using the concept of organizational learning, this thesis answers a double interrogation. It searches to understand how the implementation of road projects relates to stakeholders views and the environmental settings. Secondly, it seeks to understand how the planning practices are evolving from those experiences. The field of study is formed by four case studies of large road projects planned by the MTQ, and the inventory of organizational changes relating to planning practices. By confronting the projects characteristics with the stakeholders positioning, at each step of the procedure, we observed the effects of the public debate on the project design. Also, the analysis of the changes in the planning practices, from one project to another, enables us to identify the organizational learning abilities of the MTQ. Our results identify that the relationship between projects and the environment are much more complex that they were previously, as a new form of ‘territorialisation’ is manifesting itself. The comprehensive planning approach is leaving space for the debate of stakeholders representations, and collaborative approaches are emerging as a result. MTQ planning are now adapting to this new context and in return influence it, by a learning process.

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Informations

  • Détails : 1 vol. ( 504 p.)
  • Annexes : Bibliographie 168 réf.

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  • Bibliothèque : Ecole des Ponts ParisTech (Marne-la-Vallée, Seine-et-Marne). Bibliothèque Lesage.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : NS 31965
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