Le régime juridique des « Arrêtés Miot »

par Louis Orsini

Thèse de doctorat en Histoire du droit et des institutions

Sous la direction de Jean-Yves Coppolani.

Soutenue en 2008

à Corte .


  • Résumé

    Dans le but d’affermir la reconquête de la Corse réalisée par les troupes républicaines dans la lancée de la campagne d’Italie ((1796) après l’épisode du Royaume anglo-corse (1794-1796) et de dissuader la persistance des foyers insurrectionnels qui menacent l’assise de la souveraineté française dans l’île entre 1796 et 1800, Napoléon Bonaparte fait voter la loi du 22 frimaire an IX (13 décembre 1800) portant suspension de l’empire de la Constitution de l’an VIII dans les départements du Golo et du Liamone. Un arrêté des Consuls du 17 nivôse an IX (7 janvier 1801) y organise une administration générale confiée par arrêté du Premier consul du même jour à André-François Miot, conseiller d’Etat. Cette autorité administrative déconcentrée coiffant les préfets, dépositaire de l’autorité centrale, chargée d’une mission de contrôle pour rétablir l’ordre sous toutes ses formes et dans toutes les parties de l’administration de la Corse, dispose d’un pouvoir normatif l’habilitant à prendre « toutes les mesures de gouvernement et l’administration ». Usant de pouvoirs sui generis lui conférant une véritable autonomie décisionnelle, Miot prendra, entre mars 1801 et octobre 1802, près de 140 arrêtés ou règlements, auxquels son nom est resté attaché sous l’expression « d’arrêtés Miot ». Cette thèse analyse le régime juridique de ces textes particuliers qui relèvent aussi bien du domaine de la loi (justice, finances, fiscalité) que de celui du règlement. Ceux-ci organisent quelques dérogations de manière à tenir compte du contexte politique et des caractéristiques économiques, sociales autant que culturelles de l’île qui s’opposent à l’application directe du droit commun (suspension du jury). Les « arrêtés Miot » sont restés très présents dans la mémoire collective insulaire car quelques dispositions de l’arrêté du 21 prairial an IX (10 juin 1801) concernant l’enregistrement, diminuant les droits perçus à l’occasion des ventes d’immeubles ou sur les successions, ont survécu jusqu'à la fin du XXe siècle, donnant du reste libre cours aux interprétations les plus fantaisistes sur la lettre et l’esprit de ce texte. L’exploitation de documents inédits (jurisprudence des tribunaux d’instance de l’île au XIXe siècle, registres de l’enregistrement) remet en cause un certain nombre d’idées reçues en matière de particularisme fiscal, assimilé à l’octroi de privilèges injustifiés.


  • Résumé

    With the aim of strengthening the reconquest of Corsica realized by the republican troops in the continuity of the campaign of Italy (1796) after the episode of the English-Corsican Realm (1794-1796) and to dissuade the obstinacy of the insurrectionary homes which threaten the sat of the French sovereignty on the island between 1796 and 1800, Napoléon Bonaparte makes vote for the law of 22 frimaire the year IX (in December 13 th, 1800) about the suspension of the empire of the Constitution of the year VIII in the departments of Golo and Liamone. An order of the Consuls of 17 nivôse the year IX (in January 7th , 1801) organizes a general administration entrusted by order of the First consul of the same day to André-François Miot, member of the Council of State there. This decentralized authority above the prefects, agent of the central authority, loaded with a mission of control to restore the order under all its forms and in all the parts of the administration of Corsica, has a normative power authorizing him to take “all the measures of governement and administration”. Using powers sui generis conferring him a real decision-making autonomy, Miot will set, between March, 1801 and October, 1802, about 140 orders or regulations, in which its name remained attached under the expression of “orders Miot”. This thesis analyzes the legal regime of these particular texts which concern as well from the domain of the law (justice, finances, tax system) that of that of the regulation. These organize some dispensations so as to take into account the political context and the economic, social characteristics as much as cultural of the island which oppose to the direct application of the common law ( suspension of the jury). “Orders Miot” remained very present in the island collective memory because some measures of the order of 21 prairial the year IX (in June 10th, 1801) concerning the recording, decreasing the rights perceived on the occasion of the sales of buildings or the successions, survived till the end of the XXth century, besides giving free rein to the most fanciful interpretations on the letter and the spirit of this text. The exploitation of unpublished documents (case law of the courts of authority of the island in the XIXth century, registers of the recording) questions certain number of ideas received in fiscal sense of identity, likened to the granting of inequitable privileges.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (905 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliographie f. 896-905

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