Les figures de l'animal chez Marcel Aymé et Mikhaïl Boulgakov
| Auteur / Autrice : | Catherine Songoulachvili |
| Direction : | Alain Montandon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature |
| Date : | Soutenance en 2008 |
| Etablissement(s) : | Clermont-Ferrand 2 |
Mots clés
Résumé
Multiples sont les approches qui nous conduisent à imaginer, à écrire et à penser l'animal. Cette créature non humaine est, depuis toujours, l'objet d'''une énigme plus gênante'' (Georges Bataille) que l'être humain tente de deviner, de percer ou de définir. En effet, l'animal l'amuse et le dérange, l'intrigue et le préoccupe au point de le troubler, de lui imposer une réflexion sur lui-même et sur autrui, car l'''animal prochain'' (Florence Burgat) et ''part maudite'' (Georges Bataille) de l'homme refuse constamment d'être regardé comme une chose. Il se veut irrationnel et d'un esprit suprême, celui ''de l'immanence et de l'immédiateté'' (Georges Bataille). Image de notre intimité humaine, perturbateur de nos esprits, expression de nos subversions grotesques, outils de perversion, l'animal comme personnage principal est une représentation de soi et de celle de l'être humain. Dans un contexte culturel et philosophique, le symbolisme et le réalisme animaliers ouvrent ainsi une autre perspective à la fiction et à l'imagination humaine. La production littéraire qu'elle soit française ou russe intègre l'animal comme leitmotiv, comme un sujet central, à travers lequel Marcel Aymé et Mikhaïl Boulgakov exposent une parodie de la comédie humaine. De plus, instrument de l'imagination, moyen d'expression, l'animal, outre son rôle de domination et de possession, est perçu comme un reflet de nos préoccupations, de nos désirs, de nos ambitions. Mais il est surtout celui qui nous lie à notre passé et nous rappelle notre appartenance culturelle ou sociale. Par ailleurs, l'animal peut aussi être révélateur de l'identité collective, tout en posant des questions d'exclusion et d'inclusion. Ecrire et imaginer l'animal, mais aussi définir sa fonction et sa signification ''poétique'', permettent à Marcel Aymé et Mikhaïl Boulgakov d'aller au delà de la simple représentation naturaliste, de la simple tradition animalière tout en transgressant l'ordre réel et imaginaire. Il s'agit pour eux de montrer une présence animal qui oscille entre réalité et symbole, allégorie et métaphore, histoire et mythocritique, passé et présent. De fait, grâce aux différents procédés d'écriture, le réalisme fantastique de Mikhaïl Boulgakov et le réalisme magique de Marcel Aymé, d'une part soulèvent les interdits, les tabous et les inhibitions et, d'autre part, dénoncent les abus et les travers de la société humaine où les différentes figures de l'animal demeurent, avant tout, l'accessoire des fictions littéraires russes et françaises