La Genèse de l'électrification de l'Afrique Équatoriale Française de 1910 à 1959

par Stéphane William Mehyong

Thèse de doctorat en Histoire contemporaine

Sous la direction de Christophe Bouneau.

Soutenue en 2008

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    La genèse de l’électrification de l’AEF met en évidence le processus de développement socioéconomique global de la Fédération, en jaugeant ses potentialités, sa dimension, ses perspectives et ses limites. L’électricité au XXè siècle rime avec progrès social, elle est au centre de l’impulsion industrielle des pays développés. Elle est par conséquent en mesure de transformer la structure primitive de l’économie aéfienne et sortir profondément les Africains de leur mode de vie ancestral. L’usage domestique de la nouvelle énergie revêt un caractère socioculturel : le changement de mode de vie induit un changement de mentalité. L’étude de l’électrification de l’AEF permet de percevoir en même temps la politique des travaux d’équipement public, et de manière générale la politique coloniale de la France. Cette électrification a été tardive et mitigée. La priorité avait été donnée à la prise de contrôle totale et à l’organisation administrative du territoire, et aux équipements publics facilitant cette œuvre d’implantation coloniale. Dans les années 1930, d’autres priorités s’imbriquent : la prise en compte des conditions de vie et de travail du nombre d’Européens émerge doucement. Et cela passe, entre autres, par une fourniture publique d’électricité. L’électrification s’est faite en deux phases : la première débute avec l’équipement de Pointe-Noire, Brazzaville et Libreville. L’idée initiale est d’établir progressivement un réseau d’interconnexion à partir du barrage du Djoué. Mais, l’absence d’un marché porteur et de financement conduit à opter pour des petits réseaux autonomes dans chaque ville sans prospectives de les connecter. Dans cette phase, les investissements sont privés car l’administration coloniale est démunie. Après les tumultes causés par la guerre 1939-1945, qui n’ont pas en outre empêché l’équipement de Bangui et de Fort-Lamy, l’électrification de l’AEF prend une dimension sans précédent : c’est la deuxième phase. Désormais, le financement devient public et massif : il s’ensuit la construction des barrages du Djoué et de Boali, la rénovation des centrales thermiques de Pointe-Noire, Libreville et Fort-Lamy, et l’aménagement des réseaux de Port-Gentil et de Dolisie. D’autres équipements sont en cours et des projets sont envisagés, mais le bilan est faible : l’essentiel du territoire et des populations reste en marge d’une fourniture publique d’électricité, l’interconnexion des réseaux n’est pas au programme, l’industrialisation ne suit pas, les financements commencent à manquer,…

  • Titre traduit

    The genesis of the electrification of the French Equatorial Africa (FEA) from 1910 till 1959


  • Résumé

    The genesis of the electrification of the FEA brings to light the process of global development of the Federation, by gauging its potentialities, its dimension, its perspectives and its limits. The electricity in the XXth century rhymes with social progress, it is in the centre of the industrial impulse of the developed countries. It is consequently capable of transforming the primitive structure of the african economy and to bring out profoundly the Africans of their ancestral lifestyle. The domestic usage of the new energy takes on a sociocultural character: the change of lifestyle infers a change of mentality. The study of the electrification of the FEA allows to perceive at the same time the policy of the works of public equipment, and in a general way the colonial policy of France. This electrification was late and reserved. The priority had been given to the total takeover and to the administrative organization of the territory, and to the public equipments facilitating this work of colonial setting-up. In the 1930s, the other priorities are linked: the consideration of the working and living conditions of the number of Europeans appears slowly. And it passes, among others, by a public supply of electricity. The electrification was made in two phases: the first one begins with the equipment of Pointe-Noire, Brazzaville and Libreville. The initial idea is to establish gradually a network of interconnection from the dam of Djoué. But the absence of a carrier market and a financing drives to opt for small autonomous networks in every city without forward-looking to connect them. In this phase, the investments are deprived because the colonial administration is deprived. After the tumults caused by the war 1939-1945, which did not besides prevent the equipment of Bangui and Fort-Lamy, the electrification of the FEA takes an unprecedented dimension: it is the second phase. Henceforth, the financing becomes public and massive: there is a construction of the dams of Djoué and Boali, a renovation of thermal power plants of Pointe-Noire, Libreville and Fort-Lamy, and a development of the networks of Port-Gentil and Dolisie. Other equipments are in progress and projects are envisaged, but the assessment is weak: the main part of the territory and the populations stays outside a public supply of electricity, the interconnection of networks is not for the program, the industrialization does not follow, the financing begin to miss, etc.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (412 f.)
  • Annexes : Bibliogr. : f. 354-394

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Bordeaux Montaigne. Service Commun de la Documentation. Bibliothèque Universitaire Lettres et Sciences humaines.
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.