Entre clair-obscur et clairvoyance : François Mauriac et les arts

par Jean-Pierre Constant

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Philippe Baudorre.

Soutenue en 2008

à Bordeaux 3 .


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  • Titre traduit

    Between chiaroscuro and divining : François Mauriac and arts


  • Résumé

    Aux hasards de sa fourchette télévisuelle, François Mauriac écrivait en 1962, après avoir stigmatisé l’érotisme pictural de Leonor Fini : « Je suis plein d’humilité, car en art j’ai des idées de l’autre monde, on s’en doute. »Humilité ou pas, celui-ci ne cessa sa vie durant d’évoquer, certes incidemment, au fil de sa plume romanesque et journalistique, subtile et précise, le monde des arts, les artistes et leurs œuvres, leurs prouesses et leurs erreurs, leur errance parfois. Se dégage de ses écrits le portrait d’un homme qui s’intéressa de fait à l’univers créatif auquel il participait en acteur, souvent en juge aussi, malgré ses dénégations euphémiques qui témoignent de préventions conservatrices héritées de l’enfance. Humilité ou pas, celui-ci ne cessa sa vie durant d’évoquer, certes incidemment, au fil de sa plume romanesque et journalistique, subtile et précise, le monde des arts, les artistes et leurs œuvres, leurs prouesses et leurs erreurs, leur errance parfois. Se dégage de ses écrits le portrait d’un homme qui s’intéressa de fait à l’univers créatif auquel il participait en acteur, souvent en juge aussi, malgré ses dénégations euphémiques qui témoignent de préventions conservatrices héritées de l’enfance. Le sujet de cette thèse recouvre un paradoxe. Mauriac écrivit des textes relativement brefs sur les arts - quand ceux-ci ne se limitent pas à des allusions disséminées dans la masse de sa production -, textes qu’il s’est agi de retrouver où qu’ils se trouvent, en quoi a consisté une large part de l’entreprise. Ses pensées politiques sont ainsi parfois prétextes à évocation artistique… L’étendue de ce sujet ne se restreint donc pas à une œuvre ou un genre, non plus qu’à une période de la vie de François Mauriac, et repose sur une perspective qui permet de tenir compte de l’évolution, si évolution il y a toujours, du regard aiguisé de l’écrivain sur les arts, dans leur diversité. Entendons : la peinture, la sculpture, les Arts décoratifs, la musique, la danse et aussi la chanson, art mineur si l’on en croit Serge Gainsbourg, qui vient parcimonieusement égayer le discours du polémiste. Ce travail se présente comme un diptyque : une première partie, double. Sont ainsi d’abord évoqués la formation de Mauriac, formation familiale, puis amicale, mondaine, et le contexte socio-historique – guerres et voyages, dans lequel elle s’est développée, autour de 14-18 justement. En un second temps, nous nous intéressons à l’auteur en gestation, puis auteur confirmé, à la manière dont il a témoigné avec constance, pugnacité voire, d’un rejet inquiet des tendances artistiques, modernistes, ou prétendues telles, dont le XXe siècle a été le creuset, entre cubisme, ballets russes, surréalisme, jazz et fox-trot, sans oublier Dada, avant l’abstraction et le twist, « barbaries » en tous genres ; surenchère jugée destructrice, déstructurante, nihiliste. Pour autant, et cela forme le deuxième volet de cette thèse que nous avons qualifiée de diptyque, nous nous intéressons ensuite aux solutions envisagées par Mauriac, collectionneur, pour que la lumière l’emporte de nouveau sur cet univers enténébré, y compris au plan des arts, Mauriac qui préconise un retour à des sources classiques prêtes à ressusciter. Encore faut-il y croire. Et Mauriac croit. L’enfance, inaltérable comme le souvenir qu’il s’en est forgé, constitue à ses yeux le meilleur des boucliers contre les blessures d’un temps névrosé, mal orchestré par une humanité à la dérive, qui ne tourne que sur elle-même : « L’art abstrait témoigne que l’homme n’a rien à dire, rien à exprimer ni à fixer, s’il se coupe du monde tel que le capte le regard d’un enfant… »

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Informations

  • Détails : 1 vol. (306 f.)
  • Annexes : Bibliogr. : f. 254-277

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  • Non disponible pour le PEB
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