Les journalistes à l'heure du téléphone portable : usages et enjeux dans les médias camerounais : réflexions à la lumière de l'expérience française

par Norbert Ouendji Ngatta

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Annie Lenoble-Bart.

Soutenue en 2008

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Dans cette thèse suffisamment illustrée, Norbert N. Ouendji dresse un panorama des médias camerounais à l’heure de l’explosion du téléphone portable. Il explore les rapports qui existent entre ces deux secteurs, en questionnant la forte présence des sociétés de téléphonie mobile dans la presse écrite, la radio et la télévision à travers la publicité. Au-delà de cet aspect qui dévoile certaines dérives déontologiques des journaux affectés par la crise du lectorat, l’auteur examine l’apport du GSM dans la pratique du journalisme. Malgré la précarité qui sévit dans ce métier, il montre que le portable est devenu un outil de travail incontournable dans la collecte, le traitement et la transmission de l’information, particulièrement dans un contexte marqué par les défaillances de toutes sortes attribuées au réseau de téléphonie fixe. Ses observations et les nombreuses sources orales mobilisées lui permettent de construire une analyse soutenue sur ce sujet original. L’auteur s’inspire de la sociologie des usages pour développer un point de vue centré sur ce que les journalistes font réellement avec cette technologie, même s’il n’est pas indifférent aux discours déterministes. Les détournements ou les déplacements des usages, c’est-à-dire des pratiques non prévues par les fabricants, ont été identifiés avec minutie. Il décrit avec précision et dans le moindre détail, comment le GSM a par exemple contribué à la réhabilitation et à la promotion de la photographie de presse, grâce à l’ingéniosité de ceux qu’ils nomment reporters mobiphotographes : des journalistes qui captent des images à l’aide de leur portable dans le but d’illustrer leurs articles. Par ailleurs, l’étude des SMS dans le champ communicationnel est un prétexte non seulement pour situer l’importance de ce sociolecte en Afrique (et dans le monde), mais aussi et surtout pour attirer l’attention sur la façon dont les journalistes s’en servent pour opérer la censure ou l’autocensure lors des émissions interactives. La thèse ne se limite pas aux constats. Elle propose une évaluation critique des usages du GSM dans les médias, en insistant, entre autres, sur les risques qu’il peut engendrer sur la qualité des contenus, les dangers de l’accélération de l’information, les limites du journalisme assis, etc. L’expérience française, et notamment celle du quotidien régional Sud Ouest qu’il a vécue de l’intérieur en tant que journaliste et chercheur, enrichit ses réflexions et fournit des éléments de comparaison intéressants. Ceux-ci sont utilement complétés par les témoignages des journalistes et éditeurs du Mali, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, etc.

  • Titre traduit

    Journalists in the period of mobile phone : uses and challenges in Cameroun medias : reflections in the light of the French experience : "Sud-Ouest"


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    This dissertation sufficiently illustrated presents an overview of Cameroonian medias in the period of cell phone boom. The author investigates over the links existing between these two sectors, questioning the strong presence of mobile network companies in the press, radio and television through advertising. Beyond this aspect showing some deontological lapses of some news papers affected by the crisis of readers, he examines the contribution of GSM in the practice of journalism. In spite of the precarious situation in this profession, he demonstrates that mobile phone has become a crucial working tool in data collection, treatment and transmission of information, particularly in a context marked by various defects attributed to fixed or classic line telephone. His observations coupled to the numerous oral sources gathered helps to build a thorough analysis on this original topic. The author takes his inspiration from the sociology of uses to develop a view point centred on what journalists really do with this technology, even though he remains attentive to determinist theories. The practices not provided for by the manufacturers have been identified in details. Norbert N. Ouendji describes accurately, for example, how GSM has contributed to the rehabilitation and the promotion of press photography, thanks to the ingenuity of those he calls mobiphotograph reporters, i. E. Journalists that capture images with their mobile phone for the purpose of illustrating their articles. Furthermore, the study of SMS in the communication area is not only an opportunity for him to point out the importance of this sociolect language in Africa (and worldwide), but also to focus on the way journalists make use of it to operate censorship or self censorship during inter active broadcasts. This dissertation is not limited to facts. It provides a critical evaluation of uses made of GSM within medias, insisting, among other things, on the risks as to the quality of contents, the danger of acceleration of information, the shortcomings of “seated journalism”, etc. The French experience, namely, that of the regional daily Sud Ouest (Bordeaux) which he experienced from within, both as a journalist and researcher, enriches his reflections and provides interesting parallels. The latter are usefully complemented with testimonies from journalists and editors from Mali, Senegal, The Ivory Coast, etc.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (346 f.)
  • Annexes : Bibliogr. : f. 317-331

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