Etendue et limites de la Numidie archaïque : esquisse d'une nouvelle géographie historique des royaumes autochtones

par Mohamed Tlili

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de François Favory.


  • Résumé

    La Numidia, pays des Numides, constitue, à côté de l’Africa et de la Mauretania, l’une des trois principales composantes politiques et territoriales de l’Afrique du Nord dans l’Antiquité préromaine. La géographie historique conventionnelle avait limité l’Africa entre la côte orientale de la Tunisie et le Tusca flumen (Oued el-Kébir) de Tabarka, la Numidia, entre celui-ci et le Mulucha flumen (Oued Moulouya) du Maroc, quant à la Mauretania, c’est le pays situé entre cette Mulucha et la côte atlantique. Cette Numidie, définie par l’historiographie conventionnelle, entre Tusca flumen et Mulucha flumen, en plus de son excessive simplification, est démesurément étendue, plus particulièrement, vers l’ouest. Cette vision conventionnelle est d’autant plus incohérente qu’elle réconcilie rarement un certain nombre de données aussi bien onomastiques, religieuses, géographiques, qu’historiques, propres au Regnum Numidiae. Ce qu’on découvre en vérité, c’est une connaissance rudimentaire et insuffisante de la géographie historique de la Numidie et de ses confins, traduite d’ailleurs par l’absence, jusqu’ici, d’un véritable travail monographique et détaillé sur le sujet. C’est à ce manque que notre travail tente d’apporter des réponses. Notre principal objectif est de circonscrire, dés lors, l’ensemble du territoire numide avec autant de précision possible. Nous avons cherché, en conséquence, à formuler ici un projet global de mise au point proportionnel aux dimensions multiples et complexes du sujet. C’est dans cette perspective que nous étions amenés, dans un premier temps, dans le cadre de notre Maîtrise, consacrée à l’évaluation de la documentation géographique et historique disponible et à l’examen critique de l’historiographie en général de la question des confins orientaux de la Numidie avec Carthage, à traiter, en premier lieu, de la problématique des confins numido-puniques. Cette étape nécessaire était une tentative de réponse à la problématique soulevée et un premier essai d’une nouvelle géographie historique de ces mêmes confins numido-puniques. C’est à la consolidation de cet acquis que nous nous sommes employés, dans un second temps et dans le cadre de notre DEA, à développer encore plus cette première esquisse en la généralisant à l’ensemble des confins numido-puniques surtout dans leur section septentrionale, à l’extrême pointe Nord-Est du Tell septentrional tunisien, plus précisément. Pour circonscrire l’ensemble du problème de l’étendue et des limites de la Numidie archaïque et esquisser une nouvelle géographie historique des royaumes autochtones, nous avons estimé, dès lors, que des recherches relativement poussées aussi bien à l’Est, à l’Ouest, au Sud qu’au Centre de la grande Numidie devaient nous amener à une meilleure perception géo-historique de cette entité à la fois géographique et humaine. Il était nécessaire de présenter la Numidie en général, tout d’abord, et d’en donner, ensuite, toutes les définitions connues ainsi que les perceptions géo-ethniques et les explications conventionnelles. En résumé, nous devons rappeler que face à cette image de la Numidie conventionnelle, remarquablement démesurée et contradictoire, nous avons pu, grâce à un certain nombre de révisions concernant les écrits des Anciens, découvrir une Numidie beaucoup moins étendue. C'est à l'Ampsaga flumen (Oued el-Kébir) qu'on doit rechercher le Molochath fl originel, limite réelle entre Maurusii et Masaesylii, et c'est à Oued et-Tine de la région de Tachegga (Thisica) qu'on doit notamment localiser le Tusca flumen de Pline, H. N. , V, 22, 23, limite orientale de la Numidie avec l'Africa propre (Tlili, 2003). Quant au pouvoir de Massinissa, étendu des Maures, voisins de l'Océan, jusqu'aux Cyrénéens, c'est à Euphrantas (Marsa Zaâfrane), à l'entrée de la Grande Syrte, qu'on pouvait le relever. La limite entre Numides Masaesyles et Massyles devait être située au niveau de Tacatua. La réduction de l'étendue de la Masaesylie à l'ouest de l'Ampsaga flumen devait exclure, en principe, la position de Siga comme ville masaesylienne et permettre la recherche de la Cirta "regia", nettement plus à l'est de Constantine, celle-ci étant située juste à la limite de la grande Numidie, limitrophe de la Maurétanie. La présence d'une autre Cirta au Kef, plus centrée vers l'est, permet de mieux rééquilibrer cet ensemble géographique et politique

  • Titre traduit

    Extent and limits of ancient numidia : Outline of a new historical geography of the indigenous kingdoms


  • Résumé

    Lying next to AFRICA and MAURETANIA, NUMIDIA, the country of the Numidians, constitutes one of the three principal political and territorial components of North Africa in pre-Roman Antiquity. Conventional historical geography had lain out the following frontiers: AFRICA lay between the eastern coast of Tunisia and the TUSCA FLUMEN (Oued El-Kebir) of Tabarka; NUMIDIA lay between the latter and the MULUCHA FLUMEN (Oued Moulouya) of Marocco; and as for MAURETANIA it was the land situated between this Mulucha and the Atlantic Coast. Defined by conventional historiography as between TUSCA FLUMEN and MULUCHA FLUMEN, this NUMIDIA was, in addition to its excessive simplification, exceptionally large, especially towards the west. This conventional vision is even more incoherent in that it hardly concords any number of facts - specific to the REGNUM NUMIDIAE - be they onomastic, religious, geographic or historical. What one discovers in reality is a rudimentary and insufficient knowledge of the historical geography of Numidia and its borders, exacerbated by the absence (until now) of any truly monographic and detailed study on the subject. It is to this lack that my work attempts to provide answers. My principal objective is to describe, from now on, the whole of the Numidian territory with as much precision as possible. As a result, I have sought to formulate here an overall concept of fine-tuning, proportionate to the multiple and complex aspect of the subject. My Master's thesis was based on the evaluation of the geographic and historical documentation available, and the critical examination of the general historiography of the question of the eastern borders of NUMIDIA with Carthage. In this way, I was brought, first & foremost, to deal with the numido-punic borders. This step was necessary in trying to answer the questions raised, and represented a first attempt at a new historical geography of these same numido-punic borders. In a second phase, within the framework of my DEA. , I have worked on consolidating this study, and developing still further this first outline, by generalising it to the whole of the numido-punic borders, especially in their northern sections, and more precisely at the very north-eastern end of Tunisia, its northern "Tell". In order to write about the whole problem of the extent and confines of ancient Numidia, and to outline a new historical geography of the indigenous kingdoms, I have summised that, from now on, relatively deep research into the eastern, western, southern and central parts of the larger Numidia would lead me to a better geo-historical perception of this entity, both geographical and human. First it was necessary to present Numidia in general, and then to lay out all the known definitions of it, together with geo-ethnic perceptions and conventional explanations. In short, one must remember that, in viewing the conventional image of a remarkably large and contradictory Numidia, I have been able - thanks to a certain number of revisions on the writings of the Ancients - to discover a much less extensive Numidia. It is at the AMPSAGA FLUMEN (Oued El-Kebir) that one must look for the original MOLOCHATH FL, the real border between MAURUSII and MASAESYLII; and it is at the Oued et-Tine in the Tachega (THISICA) region that one must locate Pliny's TUSCA FLUMEN (H. N. , V. 22,23) which is the eastern border of Numidia with AFRICA "per se" (Tlili 2003). As for the power of Massinissa, the land of the Moors stretching from the Ocean to the Cyrenes, one could find it at EUPHRANTAS (Marsa Zaafrane) at the entrance to the Great Syrte. The border between the Masaesylian and the Massylian Numidians must have been situated at the level of TACATUA. The reduced size of Masaesylia to the west of the AMPSAGA FLUMEN must have excluded, in principle, the position of SIGA as a Masaesylian town, and permitted the search for CIRTA "REGIA" further to the east of Constantine. The latter is situated just at the border of Greater Numidia, adjacent to Mauretania. The existence of another CIRTA in Kef, positioned more to the east, allows for a better balance in this geographical and political entity

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Informations

  • Détails : 2 vol. (349-46 f.)
  • Notes : Publication non autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 322-349. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LET.BESA.2008.1003.1
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  • Cote : LET.BESA.2008.1003.2
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