Génotoxicité de la lumière visible (400-800 nm) et son rôle dans la photoactivation intracellulaire des hydrocarbures aromatiques polycycliques

par Céline Botta

Thèse de doctorat en Environnement et santé

Sous la direction de Michel de Méo.

Soutenue en 2008

à Aix Marseille 2 .


  • Résumé

    La peau humaine est exposée à un grand nombre d’agents génotoxiques, parmi lesquels on retrouve des agents physiques, tels que le rayonnement solaire, ou des agents chimiques comme les polluants environnementaux. Si les ultraviolets solaires font l’objet d’un grand nombre de recherches, la lumière visible (400-800 nm) n’est considérée comme ni mutagène ni cancérogène. D’autre part, il n’existe que peu de données concernant les effets de la lumière visible sur des polluants atmosphériques capables de s’accumuler au niveau de la peau humaine, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Dans la première partie de ce travail, nous avons étudié la génotoxicité de la lumière visible sur cellules cutanées humaines et cellules de mammifères en culture : grâce au test des comètes en version alcaline, nous avons mis en évidence une induction dose-dépendante de cassures de brin de l’ADN par la lumière visible, sur des kératinocytes humains normaux. Nous avons ensuite quantifié la génération de bases oxydées de la guanine, ou 8-oxo-7,8-dihydro-2’-deoxyguanosines, après irradiation UVA/visible et visible, dans des kératinocytes humains normaux : nos résultats indiquent une génotoxicité significative, de type oxydatif, de la lumière visible. Afin d’étudier l’efficacité de différents moyens de photoprotection, interne et externe, vis-à-vis de la lumière visible, nous avons évalué, grâce au test des comètes, l’effet génoprotecteur de trois molécules (ectoïne, L-ergothionéine et mannitol) et de quatre écrans solaires (teintés ou non) sur kératinocytes humains normaux. Toutes les molécules et écrans testés présentaient une bonne efficacité protectrice contre les rayonnements UVA/visible et visible, soulignant l’intérêt d’une amélioration de la photoprotection dans les longueurs d’onde au-delà de 400 nm. Enfin, le test des micronoyaux a été mis en oeuvre sur des cellules CHO, afin de quantifier la génération de lésions chromosomiques par les rayonnements UVA/visible et visible, et un effet mutagène dose-dépendant de la lumière visible a pu être mis en évidence. Dans la deuxième partie de ce travail, nous avons étudié le rôle de la lumière visible dans la photoactivation de deux HAP, le benzo(a)pyrène (B(a)P) et le pyrène. Le test des comètes a mis en évidence une génération de cassures de brin chez des kératinocytes incubés avec les HAP puis irradiés en lumière visible. Une induction de 8-oxodG a également été détectée par immunofluorescence. Ainsi, la lumière visible photoactive les HAP, conduisant à des lésions oxydatives de l’ADN. Enfin, le test des micronoyaux sur cellules CHO a révélé une induction de lésions chromosomiques par les HAP photoactivés suite à une irradiation visible. La lumière visible (400-800 nm) présente donc un pouvoir génotoxique propre, se traduisant par des lésions oxydatives et des altérations chromosomiques. Elle est aussi capable d’induire une photogénotoxicité des HAP, laquelle conduit à des effets mutagènes. Ce mécanisme n’est donc pas à négliger lors d’études de cancérogenèse environnementale.

  • Titre traduit

    Genotoxicity of visible light (400-800 nm) and its effects on the intracellular photoactivation of polycyclic aromatic hydrocarbons


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Informations

  • Détails : 1 vol. (XII-220 f.)
  • Annexes : Bibliogr. 474 réf. Index

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  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Marseille. Timone). Service commun de la documentation. Bibliothèque de Pharmacie.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : P2008/AIX2/2951A
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