Gestion des prairies amazoniennes contre les adventices en Guyane française suivant les conditions biophysiques, les pratiques agricoles, et l’organisation du système pâturé

par Johann Huguenin

Thèse de doctorat en Agronomie

Sous la direction de Michel Duru.

Soutenue en 2008

à Paris, AgroParisTech .


  • Résumé

    Les prairies guyanaises sont issues de transformations majeures du milieu (savane/forêt), pour l’implantation d’espèces fourragères exotiques (Brachiaria spp. Digitaria swazilandensis). Leur mise en place a débuté dans les années 1970, afin d’installer des exploitations d’élevages bovins sur pâturages à fortes productivités, mais qui se sont révélées vulnérables aux invasions par des adventices. Ces prairies sensibles aux perturbations, connaissent des successions végétales rapides qui génèrent leur dégradation. Les luttes directes des adventices s’avèrent onéreuses, délicates et leurs résultats sont peu efficaces et de faibles durés. Pour les acteurs du secteur, cette situation constituait une cause importante de fragilisation des élevages. Souhaitant mieux maîtriser ce phénomène, ils ont sollicité la participation de la recherche pour mener en commun des études sur ce sujet. Démarche qui a conduit à une recherche impliquée reposant sur une plateforme locale de "porteurs d’enjeux" (stakeholder) multiprofessionnelle. D’où a été reformulée une problématique sur les possibilités de pérennisation de ces prairies grâce à des modalités d’organisation et de pratiques d’élevage aptes à contrôler les dynamiques écologiques des adventices envahissantes. Les hypothèses sur l’importance des pratiques (leurs assemblages) ont été validées par desanalyses synchroniques et diachroniques multicritères de données provenant essentiellement de sept élevages. Leurs recueils ont été l’objet de suivis, de mesures et d’informations issues d’entretiens permanents auprès des acteurs de la plateforme d’échanges. Ils ont été réalisés à plusieurs niveaux, avec comme principaux barycentres d’études : la parcelle et l’exploitation. Les résultats obtenus ont fait l’objet d’un travail de représentations partagées "chemin faisant" entre les partenaires de l’étude, pouvant ainsi s’inscrire dans un "savoir actionnable". Cela a permis d’avoir des perceptions communes sur les conditions de conduite du cheptel (allotement, allocation, reproduction, croissance/engraissement), du pâturage (chargement, rotation, temps de repousses), d’aménagement et de structuration du territoire. Cette démarche de cognition distribuée a permis d’établir des prototypes d’organisations et de fonctionnements d’élevages ayant sens et cohérence entre les actes et les faits, entre les contraintes permanentes comme l’alimentation du bétail et les logiques longues de la pérennisation de la ressource fourragères. De cette reliance a pu être établie des voies d’ajustements des pratiques tout en restant en consonance avec les contraintes de productions. L’incidence directe des pratiques provient essentiellement du type de couvert installé (choix d’espèces) et des modalités de pâture, notamment sur les variations brusques ou modulées des opérations (charges/rotation/repousses). Leurs interactions se traduisent par des structures du couvert fourrager plus ou moins lâches (méthode de mesure conçue pour cette étude). Celles denses et épaisses se retrouvent surtout dans les prairies saines. Les modes d’organisation ont également une incidence sur la gestion des prairies, notamment par l’aménagement du parcellaire et la conduite du cheptel, qui jouent sur les marges d’ajustements dans le rapport bétail/prairie. L’effet saison doit aussi être pris en compte (vulnérabilité plus forte des couverts fourragers à certaines époques clés). L’aide à la perception et à la décision pour les acteurs locaux, a commencé par une "modélisation sémantique" permettant de mener des représentations communes. Elles ont fait l’objet de modélisations schématiques sur des chronogrammes et des cartographies renseignés. Des outils plus orientés ont été retenus comme le profil de pâturage à la parcelle, qui visualise les variations d’usages. Le travail de modélisation a fait ressortir des éléments pertinents pour apprécier des systèmes herbagers dans d’autres terrains (Brésil,Europe…). Les résultats obtenus s’inscrivent dans les travaux en cours sur la pertinence des élevages en matière d’agroécologie, d’écodéveloppement pouvant contribuer à la gestion de la fertilité du milieu et à l’écologie du paysage.

  • Titre traduit

    Management of Amazonian grasland against weeds : biophysical conditions, agricultural practices and organization of grazing system in French Guyana


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  • Détails : 1 vol. (422 p.)
  • Annexes : Bibliographie 1031 réf.

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