Continuité et discontinuités : l'élaboration de la poésie visuelle en Occident. c.300 av.-c.1960

par Sae Okami

Thèse de doctorat en Lettres

Sous la direction de François-Charles Gaudard et de Michaël Desprez.

Soutenue en 2007

à Toulouse 2 en cotutelle avec Sophia University (Tokyo) .


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  • Titre traduit

    Continuities and discontinuities : the making of visual poetry in the Weat, C. 300 BC to around 1960


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  • Résumé

    Souvent perçue comme mineure, liée à un simple art du divertissement, la poésie visuelle en Occident couvre cependant plusieurs siècles de pratiques, une longue durée qui, à elle seule, suffit à récuser la simple image d’une poésie périphérique et insignifiante. Supposée prendre forme à l’époque hellénistique, la poésie visuelle, jusqu'à l'arrivée du christianisme, élude toute pratique générique tout en se consacrant à la forme à contours mais selon une ambiguïté constitutive qui l'assimile bien plus à une épigraphie et à un tissu sonore qu'à une intrusion de la visualité dans le poème. De manière plus certaine, c'est la période qui va des poésies figurées de Porfyrius Optatien, sous Constantin, à la fin de la poésie à figures de l'époque carolingienne qui constitue un premier temps fort de la poésie visuelle en Occident. Adoption de la forme visuelle interne au poème sous forme de versi intexti, marginalisation de la poésie à contours, figuration symbolique qui prolonge les débats théologiques sur la place de l'image dans le dogme Chrétien, cette première phase voit la substitution d'une poésie visuelle du symbole à l'ancienne poésie visuelle mimétique. La Renaissance, en revanche, viendra introduire, sous l'aspect d'un retour aux sources hellénistiques, une majoration de la pratique poético-visuelle à contours qui trouve, dans l'époque baroque, particulièrement dans le Saint Empire Romain Germanique sa terre de prédilection. En revanche, la quasi-disparition de toute forme importante de poésie visuelle au XVIIIe siècle marque une brutale coupure dans une durée très longue. On le voit : ce sera sur des bases presque entièrement inédites que se reconstitueront, dans la première décennie du XXe siècle, les jeux poético-visuels en Occident. 1912 est à ce sujet, avec les Calligrammes d'Apollinaire et Stèles de Segalen, et les essais de visualité typographique d'Un Coup de dès de Mallarmé (1897 et 1914) l'année de référence: les nouvelles formes de la poésie visuelle en Occident se construisent sur une ligne de failles profondes : entre signifiant et signifié, entre le sujet et l'objet, d'où la pluralité des expériences visuelles au nombre desquelles on trouve surtout le recours aux écritures iconographiques extra-occidentales. C'est dans cette perspective, mais dans un mouvement qui tend à séparer la figure du texte, que peuvent se comprendre les récentes explorations poético-visuelles d'un Henri Michaux ou les logogrammes d'un Christian Dotremont.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (454 p., 235 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 173-234

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
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