Médecines parallèles et cancer : analyse sociologique 1962-2006

par Simon Schraub

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de David Le Breton.

Soutenue en 2007

à Strasbourg 2 , en partenariat avec Cultures et sociétés en Europe (Strasbourg) (laboratoire) .


  • Résumé

    Près de 30% des malades cancéreux font appel aux médecines parallèles appelées également médecines complémentaires ou alternatives. Les motivations des malades et les raisons de cet engouement ont été analysées par l’auteur par 2 enquêtes réalisées à 15 ans d’intervalle et au travers d’une pratique de près de 45 ans de soins en cancérologie. Il s’agit pour quelques malades d’une recherche d’un bien-être physique et mental par un système médical autre. Bien souvent, le malade est mû par la volonté d’être actif vis-à-vis de sa maladie, surtout par son désir d’avoir une solution autre en cas d’échec ou de carence de la médecine classique. Il existe un décalage entre la démarche sociale en matière de soins de santé et la réponse de l’Institution médicale : si cette dernière est insuffisante (manque d’explication sur la maladie), cependant la confiance envers le médecin reste entière car la majorité des malades cancéreux vont chercher ces médecines vers un autre médecin et non vers un guérisseur. Le médecin prescripteur séduit par sa personnalité et son écoute. Le recours à Internet est faible en raison de l’âge avancé des patients, de leur crainte et de la surabondance de l’information sur la toile. La religion et l’aspect financier ne semblent pas influencer ce recours dans un sens ou un autre. L’auteur a noté une évolution dans le discours des promoteurs et prescripteurs de ces médecines parallèles. Ces dernières sont en France actuellement très peu proposées pour guérir le cancer (y compris celles qui l’étaient il y a 15 ans) mais pour remonter l’état général ou renforcer les défenses immunitaires et atténuer les effets secondaires des traitements. Le phénomène des médecines parallèles est présent dès qu’une maladie ne guérit pas à plus de 80% des cas. Ce fut le cas de la tuberculose, c’est actuellement ce que l’on observe pour le cancer et le sida.

  • Titre traduit

    Unproven treatments (Complementary and alternative treatments) and cancer : a sociological analysis 1962-2006


  • Résumé

    Unproven methods, also called complementary and alternative medicine (CAM) are used by 30 % of cancer patients. The reasons for using CAM have been analyzed by the author in his two studies and 45 years of medical practice. For some patients, the use of CAM is related to a search for better physical and mental health offered by a new medical approach. In some cases, researching CAM fulfils patients’ need to engage in an active coping behaviour. Very often, the CAM is the solution in case of failure or non fulfilment of classical treatments. Patients are looking for a certain bedside manner in their care that proves hard to find. Despite some poor medical doctor (MD) -patient’s relationships, the large majority of cancer patients take CAM prescribed by a MD and not by a healer. The personality of the MD prescriber is appreciated by the patients who appreciate his concern for them. These patients rarely surfed the Web because of advanced age, fear of information and the overwhelming number of websites to choose from No correlation has been found between CAM demand and specific religious or socio-economic categories. The author has noticed a change in CAM prescription trends. In France, few are currently recommended as cancer treatments (alternative treatments). Most of them- even those recommended 15 yeas ago as an alternative treatment- are now recommended or prescribed to enhance host defenses, improve overall wellbeing or decrease treatment side effects. CAM is a phenomenon that emerges whenever the success rate to cure an illness is below 80%. Such was the case with tuberculosis in the past and today with cancer and AIDS patients.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (350 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 185-200

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2007
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