L'univers romanesque de Calixthe Beyala : pour une illustration des orientations actuelles du roman féminin d'Afrique noire francophone

par Achille-Fortuné Manfoumbi Mve

Thèse de doctorat en Lettres

Sous la direction de Papa Samba Diop.


  • Résumé

    De son point de départ en 1969 avec "Rencontres essentielles" de Thérèse Kuoh-Moukoury, jusqu'en 1987 lorsque paraît "C'est le soleil qui m'a brûlée" de Calixthe Beyala, le champ romanesque féminin d'Afrique noire francophone se caractérise majoritairement par une très grande pudibonderie, un certain conformisme idéologique et bientôt esthétique. De fait, à travers les neuf romans étudiés, il nous est apparu que la romancière déconstruit la phallocratie, au profit de l'avènement de la "clitocratie". Il s'agit d'un modèle de société sous influence matriarcale, dont le siège est lové dans la capacité érectile du pénis en miniature que constitue le clitoris. Tout comme la phallocratie repose sur la turgescence pénienne, le phallus. Cependant, réduire l'univers romanesque béyalien au terreau libidineux, dont il est communément et d'emblée assimilable, serait passer outre une masse non négligeable de suggestions esthétiques fécondes. En l'espèce, des figures marginales telles les prostituées, les fous, les nymphomanes et les bâtards rejoignent le centre du texte béyalien at par là même, la société. L'humanité dysfonctionnelle comme grille d'analyse de soi, des autres et du monde, celui dit "pôle institutionnalisé", voilà un des enjeux critiques phares que révèle la présente étude. Il en va de même, de la prépondérance chromatique, une distribution coloriste s'opérant essentiellement entre le Rose/Violet, le Blanc, le Noir, le Bleu, le Vert. Mais par dessus tout, le Jaune (très fortement rattaché au soleil et à son incandescence) et le Rouge. Couleur du sang, couleur de la "terre-mère", couleur du pouvoir, qui a échappé à la femme et que les héroïnes de Calixthe Beyala reconquièrent. Celles-ci q'appellent Andela, Beyala, Biloa, Gono ou Ngono. . . Patronymes souvent à forte charge symbolique, et déjà mystique, chez les Eton ; famille ethnique de la romancière et sous-groupe du grand groupe Béti-Boulou-Fang, dont nombre d'artifices, d'éléments des mythologies fondatrices sont revisitées. Veine créatrice orale, épique entre autres, traversant ainsi, personnages, lieux et structures narratives béyaliennes.

  • Titre traduit

    Calixthe Beyala's fictional universe


  • Résumé

    From its beginning with "Rencontres essentielles" by Thérèse Kuoh-Moukoury in 1969 until 1987 with Calixthe Beyala's "C'est le soleil qui m'a brulée", black women's fiction in Franch-speaking Africa has been characterized by strong prudishness, and by a kind of ideological and (sooner) aesthetic conformism. Actually, the study of the nine novels reveals that the author decontructs phallocracy in favor of the advent of "clitocracy". It is a model of society under matriarchal influence and which relies upon the erectile capacity of the clitoris as a penis on a small scale. In the same way phallocracy relies on the turgescence of the phallus. Yet, reducing Beyalian fictional universe to its libidinous characteristics would overlook significant aesthetic suggestions. In fact characters such as prostitutes, lunatic people, nymphomaniac and bastards are central in Beyala's texts and thus play an important role in society. The crisis of humanity as a self analysis chart, as an analysis of the other and the world (considered as an institutionalised pole), constitutes one of the main interest of this work. The same for the chromatic predominance, the mixture of colours between pink/purple, white, black, blue, green. But yellow (linked to the sun and its incandescence) and red are more predominant. Red referring to blood, mother earth, and power (out of women's control and which Beyala's heroines reconquer). Their names are Andela, Beyala, Biloa, Gono and Ngono. . . Patronymic that are very often charged with symbolic meaning among the Eton, the ethnic group of the novelist and subgroup of the Beti-Boulou-Fang whose tricks and mythologies are revisited. Oral creative vein, epic, going through the author's characters, settings, and narrative structures.

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Informations

  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 342-357

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