Copi : le texte et la scène : mimèsis parodique, mise en scène de soi et subversion identitaire dans les années parisiennes (1962-1987)

par Isabelle Barbéris

Thèse de doctorat en Arts du spectacle. Études théâtrales

Sous la direction de Jean-Louis Besson.

Soutenue en 2007

à Paris 10 .


  • Résumé

    Chaque pièce de Copi se présente comme un coup de dés. Son oeuvre dramatique ressemble à un kaléidoscope d'influences contradictoires, de sensibilités hétérogènes et d'étincelles de traditions diverses. Copi a voyagé à l'intérieur du champ du théâtre en pratiquant tous les gestes, en s'essayant à toutes les postures : ses différents Moi ont joué avec les différents Moi du théâtre. La dramaturgie copienne théâtralise de manière ironique la relation conflictuelle de l'étranger face au public, du dominé face au dominant, mais aussi du créateur face à ses chimères. Le théâtre extériorise, de manière chaotique et débordante, le conflit interne au geste créateur, exprime la division existentielle du faux inclus. Le champ de forces du théâtre permit à Copi de conduire des gestes symétriques de dissémination et de rassemblement. Sa manipulation des moyens du théâtre rend palpable la jubilation de l'artiste à faire et à défaire, à apparaître et à disparaître, à déballer et à remballer ses fantasmes. La scène et ses moyens frustes offrent un terrain de jeu dans lequel l'homosexuel argentin peut rassembler les signes épars d'une identité en exil, et la problématiser sous les yeux d'un public représentatif de la norme dominante. Oscillant entre la stigmatisation identitaire et l'effacement derrière l' « empire des signes », le théâtre de Copi pousse à bout le paradoxe de la sincérité de l'acteur en se présentant comme une décharge distanciée. La démarche de l'acteur en quête de stabilisation de l'image de soi consiste alors à s'opposer au public tout en s'offrant inconditionnellement à lui. La théâtralisation du malentendu, de la non-communication cherche une réponse sur scène, montrant par-là la nature transitionnelle de cette pratique en ordre dispersé. Dans cette approche du théâtre réfractaire à tout achèvement des formes et au-delà, à tout achèvement de la relation théâtrale elle-même, sortir du temps de la représentation et du temps du paraître équivaut à mourir, comme s'il n'y avait aucun au-delà à la mise en scène de soi. La manipulation des signes du théâtre, parce qu'elle est aussi manipulation de soi, prend l'artiste au piège du jeu avec les signes et les images. Derrière le jeu de masques et les oripeaux du travesti, derrière le recyclage subversif des signes, la pratique théâtrale de Copi est une manière d'éprouver, sur scène, son étrangeté à soi-même. Page blanche à remplir, espace à habiter, la scène est un lieu où le sujet exilé tente, par la manipulation des bribes de soi, de transformer les traces d'un monde perdu en instantanés et en présence scéniques.


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  • Détails : 3 vol. (534 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 377-391

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