Joseph Addison et le langage

par Amélie Junqua

Thèse de doctorat en Langue et cultures des sociétés anglophones

Sous la direction de Frédéric Ogée.

Soutenue en 2007

à Paris 7 .


  • Résumé

    On s'intéresse au travail précurseur de Joseph Addison sur le langage dans la presse périodique anglaise du début du XVIIIeme siècle, et à son impact sur le vaste lectorat de ces périodiques qui dépasse les frontières nationales (Addison est très tôt traduit et publié en Europe) et temporelles (il représente jusqu'au XIXeme siècle une référence incontestée). Notre première partie s'efforce de clarifier l'usage des ternies d'analyse, de reconstituer l'environnement culturel qui a nourri la réflexion addisonienne, ainsi qu'une évaluation de la plus ou moins grande influence de John Locke et de Thomas Hobbes. La deuxième partie considère Addison en tant que vecteur des théories lockiennes, et nous amène à préciser le contexte social, historique et politique déterminant le lectorat de la presse périodique. Le résultat de cette recherche fait considérablement douter qu'Addison se soit contenté d'une vulgarisation exhaustive des textes théoriques. On reconsidère donc en dernière partie la position d'Addison dans l'histoire des idées. La récurrence des signes et de leur lecture dans sa prose peut en effet s'interpréter comme une pratique, dénuée de rigueur scientifique, de cette discipline alors encore naissante, baptisée par Locke du nom de « sémiotique ». Des signes mêlés de la société, de l'espace et du corps, il se dégage une conception neuve et insolite des rapports entre signe, pensée et monde. Parce qu'elle naît d'une lecture personnelle des théories du langage, la réflexion addisonienne est paradoxale et créatrice : ses propres contradictions la divisent mais l'enrichissent, et alimentent une œuvre périodique en constante réinvention.


  • Résumé

    Our analysis focuses on Joseph Addison's conception and practice of language, as exposed in his periodical essays and more generally his prose. If Addisonian periodicals have been variously interpreted, it has seldom been considered how they could be also read as a possible popularization of Locke's theories on words, or more generally as a transmission of linguistic theories and cultural attitudes towards language to a vast readership (both in Europe and in America, and well until the XIXth century). We therefore endeavour in a first part to recreate Addison's social and cultural 'milieu,' to consider thé various conceptions of language it exposed him to, and to appreciate the respective influences of Thomas Hobbes and John Locke. Our second part deals with the peculiar status Addison bestows upon John Locke, the latter becoming a philosophical landmark as well as an intellectual façade or mask for Joseph Addison; and questions the assumption that Addison wrote primarily as a popularizer. Our third part is devoted to Addison's practice and observation of language - his obsessive concern for signs, his amateur attempt at establishing a semiotics of urban space and sartorial codes - which yet rarely complies with Lockean theories. Addison's paradoxical interpretation and practice of linguistic theories lead him to the unsolved - and unsolvable - dead-end of ambiguity. This position however provides him with unbounded powers of literary creation, endlessly dividing yet enriching his periodical essays.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (361 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 282 réf.

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  • Cote : TL (2007) 049

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