Instabilités du "je" poétique à l'époque moderniste : D.H. Lawrence et T.S. Eliot

par Élise Brault

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Paul Volsik.

Soutenue en 2007

à Paris 7 .


  • Résumé

    La convergence insolite des oeuvres poétiques de D. H. Lawrence et T. S. Eliot se fonde sur une analyse du fonctionnement du « je ». Lawrence et Eliot, qui défendent des idées divergentes sur le rôle de la subjectivité, évoluent toutefois dans une même modernité et soumettent le comportement de leur « je » poétique aux mêmes forces idéologiques. Pris à la confluence de bouleversements ontologiques, linguistiques et esthétiques, le statut du « je » Moderniste est déstabilisé. Comment faire parler le « je » quand les repères existentiels vacillent, quand le monde est vu comme éclaté et, simultanément, la recherche, impulsée par la psychanalyse, oriente la quête vers les profondeurs du moi ? Les principaux outils d'analyse sont le masque et l'intertexte, outils par lesquels le « je » du poète, incarnant la voix de l'autre ou interprétant un discours déjà-dit, finit par s'exprimer. La nature du porte-voix constitue en soi une première étape de dévoilement du « je » qui se pose pourtant alors masqué. L'analyse du rapport entre voix du poète et voix d'emprunt - intertextuelle, religieuse ou d'une persona - laisse transparaître une forme de coalescence que l'on envisage en termes d'hybridation : le poète, qui parfois fait mine de se sacrifier, met en place des situations frictionnelles entre la voix d'emprunt et le discours implicite de son « je ». De ces entrecroisements, palimpsestes et juxtapositions de discours, le lecteur qui repère les zones dialogiques fructueuses, subversives, ou violentes, perçoit la voix du « je » du poète dont le discours ne porte pas tant sur sa personnalité que sur la modernité, la littérature, la religion et la condition du « je » moderne générique.


  • Résumé

    The articulation of the poetry of D. H. Lawrence and T. S. Eliot is centered on an analysis of the poetic "I". Both poets, though holding different views on the role of subjectivity, live through the same zeitgeist and their poetic "I" reveals the same modem influences, suggesting that they were guided by common ideological trends. In the midst of modem crises - ontological, linguistic and aesthetic - the Modernist "I" enters a state of utmost instability. How can one make one's "I" speak while existential landmarks are failing, while the modem world is perceived as fragmented and, simultaneously, research, encouraged by psychoanalysis, attempts to understand the subject in new ways? The main analytical concepts are the mask and the intertext, principles through which the poet's "I", using another voice or interpreting an already-articulated speech, actually speaks his own mind. The nature of the mask enables the reader to catch a glimpse of the underlying "I". The analysis of the relation between the poet's voice and the voice he borrows -intertextual, religious or that of a persona - discloses a sort of coalescence which is analysed through the idea of hybridization. The poet - who sometimes pretends to be sacrificing his voice -creates frictions between the other voice and his own implicit discourse. From the weaving together, the palimpsests and juxtapositions of speech fragments, the reader who manages to discern creative, subversive or violent dialogical situations, perceives echoes of the poet's voice whose message turns out to be dealing more with modernity, literature, religion and the condition of the modem generic "I", than with the poet's personal "I".

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Informations

  • Détails : 2 vol. (654 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 265 réf.

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