Bienfaisance et Révolution : l'imaginaire du don chez Isabelle de Charrière, Gabriel Sénac de Meilhan, Joseph Fiévée et Germaine de Staël

par Geneviève Lafrance

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Michel Delon et de Benoît Melançon.

Soutenue en 2007

à Paris 4 en cotutelle avec l'Université de Montréal .


  • Résumé

    "La bienfaisance est le bonheur de la vertu; il n’y en a point de plus assuré et de plus grand sur la terre. " Signée par Bernardin de Saint-Pierre un an avant la prise de la Bastille, cette profession de foi témoigne des idéaux d'une époque qui crut trouver dans la bienfaisance une véritable panacée. Au lendemain de la Terreur, plusieurs romanciers laissèrent cependant poindre dans leurs œuvres l'idée selon laquelle la bienfaisance pouvait s'avérer une dangereuse pratique. Isabelle de Charrière, Sénac de Meilhan, Joseph Fiévée et Mme de Staël furent au nombre de ceux qui mirent au jour ses limites et ses écueils. Essentiellement consacrée à la lecture de cinq romans - "Trois femmes", "L'Émigré", "La Dot de Suzette", "Delphine et Corinne" -, cette thèse analyse les enjeux de la bienfaisance quand elle est pensée en fonction d'une noblesse réduite par la Révolution à vivre des bontés qu'on daigne lui prodiguer. En imaginant des secours susceptibles de ne pas accuser la déchéance de personnages qui, sous l'Ancien Régime, affirmaient leur supériorité au moyen des largesses qu'ils répandaient, les romanciers alimentèrent une réflexion qui déborda largement, en ces années, le cadre de leurs écrits : les rapports sur l’assistance publique commandés par l'Assemblée constituante, les nouvelles lois sur les successions et sur les donations participèrent également d'une réévaluation des critères en fonction desquels apprécier la valeur des dons. Lus en contrepoint, ces textes éclairent les raisons pour lesquelles de nombreux héros post-thermidoriens donnèrent et reçurent abondamment, mais le plus souvent avec circonspection.

  • Titre traduit

    ˜"œBienfaisance" and Revolution : Giving and receiving in Isabelle de Charrière, Gabriel Sénac de Meilhan, Joseph Fiévée and Germaine de Staël


  • Résumé

    "Beneficence is the happiness of virtue. No other on earth is greater or more assured. " This credo, professed by Bernardin de Saint-Pierre a year before the storming of the Bastille, attests to the ideals of an era which considered beneficence a panacea. Assuring merit and happiness - both individual and collective - the desire to help others was later absorbed in the revolutionary ethos. In the aftermath of the Terror, however, a number of novelists betrayed in their works the sense that beneficence could prove to be a dangerous practice. Isabelle de Charrière, Sénac de Meilhan, Joseph Fiévée and Mme de Staël were among those who exposed its limits and pitfalls. This thesis has at its heart a reading of five novels: "Trois femmes", "L'Émigré", "La Dot de Suzette", "Delphine et Corinne". It examines the question of beneficence from the perspective of former donors, whose self esteem was threatened once tables were turned and aid was bestowed upon them. After the Revolution had reduced a large part of the nobility to dependency on the goodwill granted them, novelists who wished to relate their struggle had to imagine a type of gift that would not betray the downfall of individuals who, under the Ancien Régime, had demonstrated their superiority by spreading largesse. By depicting charity from the point of view of its recipients, novelists fed a discourse that, in those years, transcended their texts : reports on public assistance and new laws on inheritance and donations also contributed to a reassessment of the value assigned to gifts. Read in counterpoint, these texts show why many post-Thermidor protagonists gave and received abundantly but cautiously.

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2008 par Presses de l'Université de Montréal à [Montréal]

Qui perd gagne : imaginaire du don et Révolution française


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  • Détails : 1 vol. (387 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 367-387. Index

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  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne Paris 4. Service commun de la documentation. Bibliothèque Serpente.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : BUT 6836

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2008 par Presses de l'Université de Montréal à [Montréal]

Informations

  • Sous le titre : Qui perd gagne : imaginaire du don et Révolution française
  • Dans la collection : Socius
  • Détails : 1 vol. (357 p.)
  • ISBN : 978-2-7606-2131-2
  • Annexes : Bibliogr. p. [337]-352. Notes bibliogr. Index
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