Scritture del politico

par Laura Odello

Thèse de doctorat en Philosophie et littérature française

Sous la direction de Mireille Calle-Gruber et de Pier Aldo Rovatti.

  • Titre traduit

    = Ecritures du politique : a partire da Jacques Derrida : à partir de Jacques Derrida


  • Résumé

    La thèse s’organise en deux volets :1. Le sujet souverain défini comme ipséité se constitue dans l’effacement fantasmatique de l’altérité qui loge en son cœur. Depuis ses premiers ouvrages analysant l’autoaffection vocale comme condition de la conscience de soi, Jacques Derrida n’a cessé d’œuvrer à un décentrement radical de cette autoposition souveraine du « je peux ». Il ne saurait donc être question de « tournant » dans sa pensée, même si ses écrits tardifs se consacrent plus explicitement à des questions juridico-politiques, en déconstruisant toutes les figures de la responsabilité qui sont liées à l’autonomie de l’ipse. Dissocier souveraineté et inconditionnalité, tel est l’enjeu d’une messianicité sans messianisme, pure structure d’attente exposée à la venue de l’événement. 2. De 1999 à 2001, la peine de mort a constitué le thème central du séminaire de Jacques Derrida. Or, la question de la peine de mort, scandée par l’histoire des déclarations internationales qui tentent d’en proclamer l’abolition sans y parvenir de façon inconditionnelle, se confond largement avec celle de la souveraineté en déconstruction, entre ses survivances dans des formes état-nationales et ses transformations en cours. Par ailleurs, la raison philosophique, dans son architectonique, semble être structurellement vouée à soutenir l’« échafaudage de l’échafaud », dont la critique, historiquement, se produit du côté de la littérature. Aussi, au fil des argumentations abolitionnistes d’Albert Camus ou de Victor Hugo, la réflexion se porte-t-elle, d’une part, sur la responsabilité de la littérature une hyper(ir)responsabilité qui lie l’espace littéraire à la démocratie à venir – et, d’autre part, sur la dimension méta-performative comme au-delà de la souveraineté même. L’enjeu de la déconstruction est et a toujours été la désobéissance du texte ou de la trace. Il y va, en somme, des écritures du politique.

  • Titre traduit

    Writings of the political : starting from Jacques Derrida


  • Résumé

    The thesis is divided into two parts :1. The sovereign subject, defined as ipseity, is constituted in the phantasmal erasure of otherness that inhabits its heart. Jacques Derrida, beginning with his earliest work — the texts that analyze vocal autoaffection as a condition of consciousness of the self — never ceased to elaborate a radical decentering of the sovereign autoposition of the “I can”. Thus there is no “turn” in his thought, even if his late work, devoted more explicitly to juridico-political questions, deconstructs the figures of responsibility that are tied to the autonomy of the ipse. Dissociating sovereignty and unconditionality leads to a messianicity without messianism, defined as a pure structure of expectation open to the occurrence of the event. 2. From 1999 to 2001, the central topic of Jacques Derrida’s seminar was death penalty. The question of capital punishment, as evidenced by the history of the universal declarations that have attempted to proclaim its abolition, though not without conditions, is generally related to the question of state sovereignty now in the process of deconstruction — moving between what is left of the forms of the nation-state and their progressive transformations. Furthermore, philosophical reason, in its architectonics, appears to be structurally devoted to sustaining the “scaffolding of the scaffold”, of which the critique, historically, has been carried out in literary works. So, following the course of the abolitionist arguments of Albert Camus or Victor Hugo, the thesis focuses, on the one hand, on the responsibility of literature — a hyper(ir)responsability that links literary space to the democracy to come – and, on the other, on the meta-performative dimension as beyond sovereignty itself. Deconstruction is, and has always been, concerned with the disobedience of the text, or of the trace. With the writings of the political, in sum.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (497 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 460-486

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