Structure inter et intra-spécifique des guildes d’acariens prédateurs (Acari phytoseidae) dans un agrosystème viticole du sud de la France conduit en agroforesterie

par Ziad Barbar

Thèse de doctorat en Biologie de l'évolution et écologie

Sous la direction de Serge Kreiter.

Soutenue en 2007

à Montpellier, ENSA .


  • Résumé

    La famille de Phytoseiidae comporte plusieurs espèces ayant un impact économique en agriculture en permettant la régulation des pullulations d’acariens ravageurs, notamment ceux attaquant la vigne. Ce travail avait pour objectif de caractériser la structure des guildes de Phytoseiidae dans un agrosystème viticole conduit en agroforesterie, dans un site expérimental du sud de la France. En préalable, nous avons dû résoudre un problème taxonomique concernant la validité des deux espèces morphologiquement très proches et majoritairement rencontrées dans l'agrosystème étudié. Puis, nous avons tenté de déterminer si des différences existaient entre les différents types de milieux [vigne seule, vigne en agroforesterie, arbres seuls (cormier : Sorbus domestica et pins : Pinus pinea)] s’agissant de la diversité et de la densité de Phytoseiidae, et ce pendant trois ans. Enfin, nous nous sommes intéressés aux facteurs explicatifs de la structuration précédemment observée. Les analyses (morphologique, moléculaire) et les croisements ont montré que T. Exhilaratus et T. Phialatus sont deux espèces valides, se distinguant uniquement par la forme de la spermathèque ou appareil d’insémination. De 2003 à 2005, des Phytoseiidae étaient présents à la fois sur les vignes et sur les arbres co-plantés (cormiers et pins). Leurs effectifs dans les parcelles de vigne en agroforesterie semblent être affectés positivement par la présence d’arbres, mais ceci uniquement pour quelques dates de prélèvements, notamment en 2005, année durant laquelle les conditions climatiques ont été favorables à leur développement. La présence d’arbres intercalaires n’a cependant pas affecté la diversité des Phytoseiidae. Typhlodromus exhilaratus était en effet l’espèce dominante, à la fois sur les arbres co-plantés et sur les vignes (en agroforesterie ou non) et des échanges de populations entre les arbres co-plantés et les vignes pourraient donc exister. Les pins semblent constituer des habitats plus favorables au développement des Phytoseiidae que les cormiers sur lesquels les effectifs observés étaient très faibles. Enfin, T. Phialatus était dominant à la fois dans les parcelles d’arbres plantés seuls et dans l’environnement non cultivé des parcelles. La compétition interspécifique et surtout l’impact des traitements phytosanitaires semblent être parmi les facteurs abordés dans ce travail ceux les plus importants pour expliquer la ségrégation spatiale entre T. Exhilaratus et T. Phialatus. La plantation des arbres à l’intérieur des parcelles de vigne pourrait présenter des applications directes en terme de lutte biologique par conservation de la biodiversité et des habitats et de durabilité des agrosystèmes. Ce travail a permis de donner quelques éclaircissements concernant un agrosystème et un modèle biologique particulier. De nombreux travaux sont cependant encore nécessaires afin d’obtenir d’une part une connaissance plus approfondie des facteurs biotiques et abiotiques affectant la présence et le développement de ces prédateurs et leurs mouvements dans les divers compartiments, et d’autre part, de déterminer la possibilité de généraliser les résultats de ces études à d’autres sites et sur d’autres modèles biologiques (notamment d’autres auxiliaires de cultures).

  • Titre traduit

    Inter- and intra-specific structure of the guilds of predatory mites (Acari phytoseidae) in an agroforestery vineyard in the south of France


  • Résumé

    Phytoseiid mites are the most widespread predatory mites in agrosystems and some species are efficient to control phytophagous mite outbreaks. The aim of this work is to determine, in an experimental site in the South of France, the influence of Sorbus domestica and Pinus pinea co-planted in vine plots on the structure of Phytoseiidae occurring on vines. Before realising samplings, several experiments (morphological and molecular analyses) and hybridization were made under laboratory conditions to answer a taxonomic interrogation concerning the occurrence in the site of study of two real species, Typhlodromus exhilaratus and T. Phialatus, morphologically very close. The results of these experiments showed that the two species are not synonyms and can be distinguished morphologically only by the spermatheca or insemination apparatus shape (genital organ of females). Results of samplings (2003-2005) showed the occurrence of Phytoseiidae on vines and on co-planted trees. The densities of these predators on vine seem to be positively affected by the presence of trees particularly in 2005. However, diversity of Phytoseiidae does not seemed to be affected by the plantations of trees inside vine crops. Typhlodromus exhilaratus was the dominant species in vine plots (with trees or not) and on co-planted trees. Population exchanges of this species between vines and co-planted trees seem to be possible. Pinus pinea could be more favourable host plant to phytoseiid mites than S. Domestica on which very low densities of these predators were observed. The present work also showed the dominance of T. Phialatus in monocultural plots with trees and also in uncultivated areas surrounding vine crops. The interspecific competition and especially the side effects of pesticides applied on vine seem to be among factors tested in the present work the two more interesting for explaining the spatial segregation observed of T. Exhilaratus and T. Phialatus. Thus, plantation of trees inside vine crops could have many applied implications on biological control by conservation of the biodiversity and habitats and the durability of the agrosystems. However many studies remain necessary to have more information about biotic and abiotic factors affecting the occurrence and the development of these predators and their movement between the differents parts of the agrosystem and on the other hand the possibility to generalize the results of these studies to other sites and on other biological models especially others beneficials.

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  • Détails : 1 vol. (124 p.)
  • Annexes : Bibliographie 369 réf.

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