"Cruor, sanguis" : approche littéraire, anthropologique et théologique de la blessure dans les romans du Graal en prose (XIIIe siècle)

par Catherine Nicolas

Thèse de doctorat en Littérature médiévale

Sous la direction de Armand Strubel.

Soutenue en 2007

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    Lorsque l’on se propose, par des méthodes lexicologiques, de cerner le champ conceptuel de la blessure dans les romans du Graal en prose du XIIIe siècle, il apparaît que les occurrences se répartissent en deux catégories : celles où l’écriture de la blessure passe par l’hyperbole et sert les idées abstraites de violence guerrière et de prouesse chevaleresque, et celles où elle met à profit toutes les ressources rhétoriques de l’hypotypose pour faire tableau et donner naissance à des images mentales. La ligne de partage rhétorique se superpose à une opposition esthétique entre les occurrences qui relèvent d’une esthétique héritée de la chanson de geste et des romans antérieurs, et celles qui travaillent le visuel et intéressent, ce faisant, la mémoire, l’imagination et, dans la mesure où la blessure et le sang se constituent en signes, l’interprétation. Replacée dans le cadre de la rhétorique monastique, cette esthétique invite à une lecture apparentée à la méditation, voire à l’exercice spirituel, dans une perspective augustinienne. Ainsi, à côté de la mirabilia, souvent étudiée dans les romans du Graal, émerge une autre catégorie, celle de miranda, qui, grâce à une écriture qui recherche la visibilité, permet de constituer des collections signifiantes et de mettre à profit les ressorts de l’émotion et de la compunction. À partir de là, il devient possible de circonscrire une herméneutique nouvelle née dans les failles de la senefiance et appuyée sur la mémoire, de proposer une redéfinition de la merveille, entre théologie et anthropologie spirituelle, mais aussi d’avancer l’hypothèse d’une esthétique de la charité propre aux romans du Graal en prose du XIIIe siècle.

  • Titre traduit

    Cruor, Sanguis : Literary, anthropological and theological approach of injury in prose romances of the Grail in the 13th century


  • Résumé

    When we propose, by lexicological methods, to define the conceptual field of injury in prose romances of the Grail in the 13th century, it appears that occurrences are split between two categories: the ones where description of injury uses hyperbole and serves abstract ideas of warring violence and chivalrous deeds, and the ones where it brings forth all the rhetorical resources of hypotyposis to create a picture and produce mental images. The rhetorical split boundary is superimposed on an aesthetic opposition between an aesthetics born out of epic song and previous romances and another one which works on the visual aspect and, in doing this, arouses memory, imagination and, where injury and blood become signs, interpretation. When put back in rhetorical monastic context, this aesthetic invites a reading resembling meditation, or even spiritual exercise, in an Augustinian perspective. Thus, in addition to the "mirabilia", often studied in romances of the Grail, there emerges another category, "miranda" which, thanks to writing aiming towards visibility, allows one to create significant collections and to put to best use feelings and compunction impulses. From there it becomes possible to circumscribe a new hermeneutics born in the flaws of the "senefiance" and relying on memory, to propose a new definition of marvel, between theology and spiritual anthropology, but also to put forward the hypothesis of an aesthetics of charity specific to prose romances of the Grail in the 13th century.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (550 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. [477]-538. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2007.MON-73
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