Éthique et esthétique de la tempérance dans l'œuvre de Frances Sheridan

par Valérie Maffre

Thèse de doctorat en Études du monde anglophone

Sous la direction de Elisabeth Soulier-Détis.

Soutenue en 2007

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    Cette étude analyse la notion de tempérance dans l’œuvre de l’écrivain britannique Frances Sheridan (1724-1766). L’ambiguïté inhérente à la tempérance, qui se veut à la fois répression des excès néfastes et juste milieu, parcourt l’ensemble de ses écrits. S’inscrivant d’abord dans le débat philosophique qui oppose la raison à la passion, elle se définit comme un moyen de faire triompher la raison, autant que comme un objectif à atteindre en soi. La tempérance acquiert une portée autre si l’on prend en considération la modération attendue des personnages féminins de l’œuvre de l’écrivain. Prônée par les nombreux livres de conduite de l’époque, elle se traduit chez les femmes par une soumission exemplaire ainsi que par une modestie qui prévaut autant pour leurs occupations domestiques que pour leur érudition. La modestie, lorsqu’elle définit le corps féminin, se teinte cependant d’ambivalence en raison de l’émergence de la notion de sensibilité qui privilégie au contraire l’extériorisation voire la mise en scène. Enfin, compte tenu de la diversité de l’œuvre de Frances Sheridan, la question de la tempérance se pose d’un point de vue générique. La tempérance est alors synonyme d’encadrement et a pour fonction de maîtriser les écarts d’un style et d’une tonalité à certains égards hyperboliques ou de codifier les débordements pathétiques. Son emprise se manifeste différemment selon le genre littéraire dans lequel s’illustre l’auteur, mais, dans chaque cas, elle participe d’une esthétique de la modération qui fédère l’ensemble de l’œuvre.

  • Titre traduit

    ˜The œEthics and Aesthetics of Temperance in Frances Sheridan's Work


  • Résumé

    This thesis analyses the notion of temperance in the work of the British writer Frances Sheridan (1724-1766). Temperance is ambiguous in so far as it corresponds both to some sort of repression of negative excesses and to a golden means. This ambiguity is present throughout Frances Sheridan’s work. First, temperance can be considered as an essential notion in the philosophical debate opposing reason to passion, and more particularly in the eighteenth century, opposing the rationalists to the Moral Sense School. Temperance is also a quality, synonymous with meekness, which women must possess according to the numerous rules of the eighteenth-century conduct books. Women protagonists in Frances Sheridan’s work are characterized by their exemplary submission and their modesty, as regards their domestic duties as well as their erudition. And yet modesty itself is ambiguous when seen as a quality of the feminine body since the notion of sensibility, also much admired in the eighteenth century, promotes a communication and even a staging of emotion. Eventually, the value of temperance can be assessed from a generic point of view, as Frances Sheridan’s work comprises a romance, an oriental tale, two novels and three comedies. Temperance can then be regarded as a frame. It helps to check the hyperbolic style of some of the passages and to control excessive pathos. Even though the role of temperance varies according to the genres, it certainly contributes to establishing the aesthetics of moderation which federates the whole of Frances Sheridan’s work.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (513 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 427-469, notes bibliographiques. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2007.MON-56
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