De la conquête territoriale à la conquête sociale : l'homme jouet ou acteur de son évolution dans l'œuvre de Jack London ?

par Jean-Luc Tendil

Thèse de doctorat en Études du monde anglophone

Sous la direction de Michel Bandry.

Soutenue en 2007

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    Jack London, voyageur et conteur, se passionna pour les aleas de la liberté humaine, cette source d'une dignité que mettent à mal non seulement l'injustice sociale, mais surtout la cruauté inhérente au Vivant. L'évolutionnisme, dont l'influence sur la pensée américaine à l'aube du vingtième siècle doit être soulignée, rend problématique l'origine de la liberté. Elle n'est plus ce don que la philosophie des Lumières nous octroyait comme un droit inaliénable, mais une conquête douloureuse, commencée dans l'inconscience animale, et poursuivie par la conscience humaine. Certes l'évolution a déterminé ce que nous sommes aujourd'hui, à savoir des êtres intelligents, mais cette intelligence nous impose de prendre en charge notre évolution, d'en déterminer le cours plutôt que de continuer à le suivre. Cependant, London semble parfois considérer l'élan évolutif comme porteur d'une énergie irrésistible et d'une finalité incompréhensible, n'en déplaise à ceux qui voudraient le rationaliser. Il va même jusqu'à le présenter comme une illusion matérielle et physique, dont les raffinements n'empêchent pas la brutalité intrinsèque du monde de se manifester à l'improviste. Des forces telluriques qu'il appartient au poète de détecter semblent mettre en échec l'évolution. La vie n'en continue pas moins d'étonner par sa capacité à éclore dans le minuscule, en dépit de l'énormité des forces mortifères qui s'opposent à son éclosion, forces dont notre auteur californien voit peut-être se dessiner la métaphore avec la fermeture de la Frontière américaine. Pour London, c'est le miracle de cet esprit insoumis et minuscule que les hommes doivent s'efforcer de s'approprier.

  • Titre traduit

    From Territorial to Social Conquest : Is Man the Main Actor or Helpless Object of His Own Evolution in Jack London's Works ?


  • Résumé

    Jack London, traveller and story-teller, was always interested in human freedom as the source of dignity, that treasure of the human mind which social injustice, or more simply the cruelty of life, have often plundered and wrecked. Late-nineteenth-century evolutionism in America probably disturbed conventional opinions about the origin of freedom: instead of an unalienable right given by God, it appeared to be the objective of a painful conquest, which started in the random struggles of the animal kingdom even before it was born as a concept in the human brain. While evolution has made us what we are – intelligent beings -, intelligence in turn compels us to take up the burden of evolution, to determine its path and no longer follow it. However, London appears to have considered evolutionary forces as being conveyed by an irresistible and incomprehensible flux of energy. He even went so far as to present it as a physical illusion whose refinements have never genuinely softened the inherent brutality of the world, always prone to resurface. Telluric forces, which are up to the poet to detect and decipher, keep thwarting the advances of evolution. Nevertheless, in spite of the enormity of these forces, seemingly awakened by the 1890 closure of the Frontier, the tiny creatures of the living world keep growing back again. It is the miracle of this tiny, indomitable spirit, which men must appropriate on their way to freedom.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (410 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 396-405, notes bibliographiques. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2007.MON-52
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