Sélection de l'habitat et organisation sociale de l'éléphant de forêt, Loxodonta africana cyclotis (Matschie 1900), au Gabon

par Ludovic Momont

Thèse de doctorat en Éco-éthologie. Biologie des organismes dans les écosystèmes

Sous la direction de Gérard Dubost.

Le président du jury était Christian Érard.

Le jury était composé de Lee R. White.

Les rapporteurs étaient Stephen Blake, Richard Bon.


  • Résumé

    L’éléphant de forêt africain se différencie de l’éléphant de savane par plusieurs caractères morphologiques, écologiques et moléculaires. Contrairement à ce dernier, il a été très peu étudié, bien qu'il soit menacé par la chasse et la destruction de la forêt primaire. Nous avons entrepris une étude de la biologie de cet animal, en profitant de deux sites naturellement ouverts au sein de la grande forêt, à savoir une zone de savanes, marais et bosquets à la Lopé, et une clairière riche en sels minéraux à Langoué. À la Lopé, nous avons analysé le choix des habitats par les animaux en recensant les nouvelles fèces produites chaque mois sur des transects établis dans les quatre principaux milieux. La forêt à Marantaceae et les marais en savane sont les habitats les plus utilisés par la population locale, mais alternativement au cours de l’année. L’identification des individus sur un circuit standardisé montre que la savane attire presque exclusivement les femelles accompagnées de leurs jeunes et les jeunes mâles indépendants, en jouant probablement le rôle de zone de nourrissage. Cependant, le suivi de quatre femelles adultes par télémétrie GPS montre que, si la zone de savane est importante à l’échelle de l’année et des saisons, les animaux utilisent également les différents types de forêt, en effectuant des allers-retours entre ces deux types de milieux. La phénologie des arbres indique que les animaux utilisent les habitats de plus en plus ouverts à mesure que les fruits se raréfient en forêt. Par contre, deux femelles et deux mâles adultes, suivis par télémétrie GPS dans une région uniquement forestière à Langoué, effectuaient des déplacements entre deux zones fixes de leur domaine individuel : la clairière ou « bai » et une zone principale d’alimentation. Le bai était surtout utilisé par la population résidente pour la consommation de sels minéraux, mais il servait aussi de lieu de rencontre entre individus, surtout les mâles adultes qui établissaient ainsi une hiérarchie entre eux. Les déplacements et les domaines vitaux des huit individus suivis sur les deux sites ont été comparés aux autres travaux effectués sur les éléphants de forêt et de savane. Chez cet animal, les associations entre femelles adultes sont peu fréquentes. En forêt, l’unité sociale la plus stable est composée de la mère et son jeune dépendant; en savane elle groupe le plus souvent deux femelles adultes et leurs jeunes dépendants. Cela diffère donc de l’organisation sociale de l'éléphant de savane d’Afrique et de l'éléphant d’Asie

  • Titre traduit

    Habita selection and social organisation of the forest elephant, Loxodonta africana cyclotis (Matschie 1900), in Gabon


  • Résumé

    The African forest elephant differs from the savannah elephant in many morphological, ecological and genetic characteristics; however, few studies have focussed on the forest elephant, despite it being threatened by hunting and the destruction of primary forest habitat. This study has investigated the habitat use of the forest elephant using two natural open areas in the centre of primary forest; an area of savannah, marsh and fragmented forest in Lopé National Park, and a clearing rich in salts and minerals in Ivindo National Park. Habitat choice by forest elephants in Lopé was measured using fresh dung-counts, monitored monthly on fixed transects in the four main habitat types. Marantaceae forest and savannah marshlands were the habitat types most frequently used by the local population, but alternately during the course of the year. Visual identification of individual elephants on a standardised circuit showed that the savannah attracted almost exclusively females accompanied by their young, and young solitary males, and probably acted as a feeding area. Data on the movements of four female adults, using GPS telemetry, indicated that although the savannah zone was important at the year and season level, the animals also used different types of forest, making trips between open and closed habitat. Studies of fruiting phenology indicated that animals used increasingly open habitat as forest fruit availability decreased. The monitoring of two female adults and two male adults by GPS telemetry in an entirely forested region of Ivindo National Park showed that these animals moved between two fixed areas of their individual home ranges; the clearing, or ‘bai’, and a principal feeding area. Langoué bai was mainly used by the resident population for the consumption of mineral salts, but also served as a meeting place, especially for the male adults who then established a hierarchy amongst themselves. The movements and the home ranges of eight individuals followed in Lopé and Ivindo NP was compared with previous studies on forest and savannah elephants. The forest elephants studied here exhibited less frequent meetings between female adults; in the forest the most stable social unit was composed of the mother and her young dependant, and in the savannah groups of two female adults and their dependants were more common. This therefore differs from the social organisation of the savannah elephant and the Indian elephant

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Informations

  • Détails : 1 vol. (191 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 161-178

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  • Cote : TH 2007 -- 15
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