La démocratie d'opinion : Contribution à une approche constitutionnelle de l'opinion publique

par Sébastien Bénétullière

Thèse de doctorat en Droit public

Sous la direction de Thierry Debard.

Soutenue en 2007

à Lyon 3 .


  • Résumé

    Les juristes, et plus particulièrement les constitutionnalistes, semblent à première vue absents des grandes controverses intellectuelles entourant la notion d'opinion publique. De fait, le discours sur la démocratie d'opinion véhicule le plus souvent une image péjorative de l'opinion publique, empruntant davantage au sens commun qu'à une véritable conceptualisation de la notion. La démocratie d'opinion serait ainsi une démocratie réactive, de l'instantané, où se dissout progressivement le politique. Pourtant, une telle vision, si elle n'est pas entièrement dénuée de pertinence, contraste singulièrement avec la philosophie des Lumières qui fait de l'usage public de la raison une condition de la construction d'un espace public autonome. Il n'est alors pas surprenant que le constitutionnalisme libéral retienne une acception rationaliste de l'opinion publique. Cette dernière devient ainsi tout à la fois le produit et le gardien de l'autonomie des citoyens. C'est pourquoi le droit constitutionnel, compris ici comme un droit politique, organise les conditions juridiques d'une libre formation de l'opinion publique, notamment au travers de la reconnaissance juridique de certaines libertés publiques. C'est alors l'architecture institutionnelle des pouvoirs constitués qui se trouve repensée devant l'émergence d'une extériorité critique : le Tribunal de l'opinion publique. En d'autres termes, l'analyse des discours relatifs à l'opinion publique nous permet de saisir cette double dynamique antagoniste au sein de la démocratie d'opinion.

  • Titre traduit

    The democracy of opinion : Contribution to a constitutionnal study of the public opinion


  • Résumé

    Attorneys, and in particular the constitutionalists are at first sight absents in the major intellectual controversies on the notion of public opinion. In fact, the discourse on the democracy of opinion communicates a pejorative image of the public opinion, based to a great extent on a common sense than on a real conceptualisation of the notion. The democracy of opinion could then be a reactive democracy, instantaneous, where the politics progressively dissolve. However, such a vision, if not entirely destitute, contrasts singularly with the philosophy of Lumières who makes the public usage of the reason a condition for the construction of an autonomous public space. It is then not surprising that the liberal constitutionalism sustains a rational acceptation of the public opinion. The public opinion then becomes all at the same time, the product and guardian of the autonomy of the citizen. It is why the constitutional law, understood inhere as the political law, organises the juridical conditions of a free formation of the public opinion, in particular through the juridical recognition of some public liberty. In consequence the institutional architecture of the constituted power is rethought due to the emergence of an exteriority critique: the court of the public opinion. In other words, an analysis of the discourses related to the public opinion allows an understanding of the double dynamic antagonist within the democracy of opinion.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (779 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.653-749. Index

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