Le gouvernement privé de l’action publique urbaine : sociologie politique de la « gouvernance métropolitaine » du Grand Lyon (fin du XXe siècle)

par Aisling Healy

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Gilles Pollet.

Soutenue en 2007

à Lyon 2 .


  • Résumé

    À la fin des années 1990, les élus et les agents de la communauté urbaine de Lyon qualifient les modes d’action de cette institution de « gouvernance », de manière à souligner son action d'« animation » de politiques auxquelles participerait la « société civile ». Érigée en emblème de Lyon, cette « gouvernance » permettrait d'accroître le rayonnement international de la métropole et de favoriser ainsi son développement économique. Les deux dispositifs précisément dits de « gouvernance économique métropolitaine » que nous étudions n'incarnent pourtant pas les transformations des modes de régulation intercommunaux que cette expression voudrait résumer. Loin de conduire à la participation de nombreux acteurs locaux aux politiques économiques intercommunales, ces dispositifs perpétuent plutôt une tradition de coopération avec des acteurs érigés au rang officiel de partenaires de la communauté urbaine : les instances patronales. Depuis les années 1970, la capacité d'action des élus et des agents communautaires se construit en réalité en associant étroitement les représentants patronaux aux politiques économiques intercommunales. Si les chefs d’entreprise lyonnais sont profondément rivaux sur le marché économique, ils sont en effet également capables de s'associer pour intervenir dans l'action publique. La place et le rôle des élus et des agents communautaires demeurent néanmoins importants dans ce gouvernement privé de l'action publique urbaine.


  • Résumé

    Since the end of the 1990s, metropolitan representatives and metropolitan agents have claimed that Greater Lyon's method of government can be labelled as “governance” for it is now characterized by the implementation of policies that directly involve the “civil society”. Erected to the status of emblem of Lyon, this “governance” would contribute to the international prestige of this city and promote its economic development. However, the two policies of so-called “governance” that are examined in this research work, do not address the transformations of the modes of metropolitan regulation this word is meant to sum up. Far from engaging with participatory actions on behalf of a number of different local actors in issues related to local economic development, these two policies reproduce a certain institutionalised way of cooperating with a very narrow group of actors, namely the official representatives of private firms who are thus raised to the rank of official partners of the metropolitan institution. Furthermore, since the 1970s, the ability of the metropolitan representatives and metropolitan agents to deal with local economic policies has mainly relied on such a close association with these representatives of the private sector. If the latter are highly competitive amongst themselves in the economic marketplace, they nonetheless manage to come together and form decision-making entities directed towards action in the public domain. The positions and roles of the metropolitan representatives and metropolitan agents are still nevertheless most important in the conduct of this private government of urban public action.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (576-67 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 547-565

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  • Cote : 4-2171
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