Approche linguistique, sociolinguistique et interactionnelle d'un cas de bidialectalisme : arménien occidental et arménien oriental

par Liliane Vosghanian

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Catherine Kerbrat-Orecchioni et de Anaïd Donabédian.

Soutenue en 2007

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Notre travail de thèse consiste à analyser des interactions en situation de contact de dialectes. Nous avons choisi le cas particulier de l’arménien, langue indo-européenne, qui possède deux grandes familles dialectales rassemblées chacune sous des standards appelés arménien oriental et arménien occidental, dont les locuteurs sont disséminés à travers le monde. Une des particularités de cette recherche réside dans le fait qu’elle s’intéresse à une situation de dialectes en contact parlés en contexte de diaspora, en France (à Lyon). Dans une communauté où se mélangent deux groupes de locuteurs d’arménien, nous décrivons comment fonctionne l’économie des choix de langues. A travers l’étude de conversations (enregistrements et transcriptions de données audio et vidéo authentiques) entre locuteurs d’arménien oriental et locuteurs d’arménien occidental vivant en France, notre objectif est de caractériser les phénomènes langagiers (adaptations, code-switching, code-mixing) qui apparaissent et qui sont spécifiques à ce genre de situations de codes en contact et de comprendre ainsi leur répartition et leur fonctionnement. Une approche interactionnelle de la sociolinguistique permet d’effectuer une analyse quantitative et qualitative du discours en interaction afin de décrire les stratégies d’adaptations langagières des locuteurs. La proximité des systèmes linguistiques assure d’emblée une compréhension mutuelle en discours, mais la volonté et/ou l’expérience des deux variantes, la situation de communication, les participants en présence, l’âge des locuteurs sont autant de facteurs pouvant déclencher et expliquer les tentatives d’adaptation de certains locuteurs à la variante opposée. Il s’avère que ces derniers ont parfois recours au mélange de codes (code mixing) et à l’alternance codique (code-switching), c'est-à-dire qu’ils essayent d’utiliser dans leur discours, de façon partielle ou totale, des éléments appartenant à la variante-cible, dans le but de maximiser le bon déroulement de l’interaction, allant même jusqu’à reprendre à leur actif les éléments les plus saillants du système opposé, c'est-à-dire les éléments les plus différents d’une variante à l’autre. En réunissant, via un corpus de données authentiques, les facteurs systémiques, autrement dit les critères internes propres à des codes proches, et les facteurs sociaux, historiques et culturels, c'est à-dire les critères externes propres aux locuteurs, nous décrivons la répartition et l’utilisation des différents codes à disposition des locuteurs, et expliquons comment l’utilisation du code opposé est rendue possible. Grâce à l’utilisation d’une méthodologie originale, ce travail offre un éventail de résultats applicables à différents niveaux : au niveau du fonctionnement de la langue arménienne en particulier et des systèmes linguistiques proches (vs non apparentés) en général, au niveau sociolinguistique d’un point de vue micro-sociétal, inter et intrapersonnel, et enfin, au niveau interactionnel sur un plan relationnel et organisationnel.

  • Titre traduit

    A linguistic, sociolinguistic and interactional approach of a bidialectal case: Western Armenian and Eastern Armenian


  • Résumé

    In this study, we analyse the talk-in-interaction in a situation of dialects in contact. We choose to study the specific case of Armenian, an Indo-European language, which has two substantial dialectal families gathered each one under standards called Eastern Armenian (EA) and Western Armenian (WA), whose speakers are disseminated throughout the world. One of the characteristics of this research lies in the fact that it is aimed at studying a situation of dialects in contact spoken in a diasporic context in Lyon (France). In a community where two groups of speakers of Armenian mix, we describe how the economy of language choices functions. By studying conversations (recordings and transcriptions of authentic audio and video data) between EA speakers and WA speakers leaving in France, we aim at characterizing and explaining the linguistic phenomena (accommodations, code-switching, code-mixing) which appear and which are specific to this kind of situations of codes in contact. An interactional approach of sociolinguistics makes it possible to carry out a quantitative and a qualitative analysis of the talk-in-interaction in order to emphasize the accommodations’ strategies used by the speakers. The fact that these linguistic systems are close ensures from the beginning a mutual comprehension in speech, but the will to use and/or experience (in) both varieties, the speech situation, the participants involved, the speakers’ age, represent as many factors explaining why some speakers try to adapt to the target-variety. It appears that the latter frequently use code-mixing and code-switching strategies, i. E. They try to use in their speech, either partially or totally, elements belonging to the target-variety, with the aim of making the interaction as smooth as possible. By using these strategies, the speakers go as far as using the most salient elements of the opposed system, i. E. Those being the most different between the two varieties. By gathering, via a corpus of authentic data, systemic factors (i. E. The internal criteria specific to close codes) and the social, historical and cultural factors (i. E. The external criteria specific to the speakers), we explain the distribution and the use of the various codes available to the speakers and how the use of the opposite code is made possible. Thanks to the use of an original methodology, this work offers a range of results applicable to various levels: first of all to the functioning of the Armenian language in particular and the close linguistic systems (vs non related) in general, then to the sociolinguistic level from a personal, interpersonal, and microsocial point of view, and finally, to the interactional level for the relationship between participants and the organisation of the interaction.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (496, 119 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 477-488. Annexes.

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