Le projet robotique : approche ontologique du problème de la naturalisation de l'esprit

par Gérald Foliot

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Robert Martin.

Soutenue en 2007

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Le problème de la naturalisation de l'esprit consiste à déterminer si l'esprit peut-être expliqué dans les termes d'un langage emprunté à la physique, la biologie, la chimie, l'informatique, les neurosciences, … Naturaliser l'esprit semble au premier abord la seule façon de résoudre le paradoxe qu'impose l'argument de la clôture causale à la psychologie ; comment dans un monde a priori physique peut-il y avoir des états mentaux comme des croyances, des émotions,… qui sont non physiques, mais qui ont une efficacité causale sur le monde physique ? Si nous acceptons la psychologie comme une discipline à ne pas éliminer au profit des neurosciences, et si parallèlement nous acceptons la pertinence des neurosciences à expliquer l'esprit, nous ne pouvons qu'admettre une forme de dualisme, que nous nommons dualisme explicatif ou dualisme des lois. Dans ce cadre, il nous faut donc résoudre la question suivante : comment peut-on passer d'un système matériel à une forme d'esprit, c'est-à-dire comment peut-il exister dans un monde physique, des phénomènes mentaux ? La robotique et les machines sont à ce titre, un cadre de travail intéressant. En effet, ce sont des systèmes matériels dans lesquels on aimerait produire une forme d'intelligence comparable du moins sur le plan des performances cognitives à l'homme. Notre approche sera ontologique, car nous allons nous intéresser aux conditions d'existence de ces systèmes et non à leur finalité. Nous remarquons que l'ontologie des machines a évolué : nous sommes passés d'une vision mécanique (automate), à des machines logiques (ordinateur) et prochainement à des machines dites naturelles (neurocomputeur, machine moléculaire, ordinateur quantique, …). Implicitement, le recours à la machine comme modèle explicatif de l'homme est passé d'une hypothèse matérialiste (thèse de l'Homme-Machine), à une hypothèse fonctionnelle (thèse de l'Homme-Ordinateur) et actuellement à une hypothèse biologique de l'homme (thèse de l'Homme-Neuronal). L'apparition des machines dites naturelles, en particulier des neurocomputeurs, donne un nouveau sens aux tentatives de réduction de l'esprit sur le matériel. Supposons qu'il existe un neurocomputeur, ou un neurorobot, pourra-t-on dire qu'il possède des états mentaux ? C'est-à-dire, est-ce que l'emploi de composant dit naturel suffit à expliquer l'esprit ? Si on accepte la thèse de l'identité, on pourrait répondre par l'affirmative. Le problème de cette thèse est qu'elle recourt à une forme affaiblie de l'argument du divin et donc elle ne peut expliquer pourquoi on observe que l'homme a une psychologie. À l'opposé, les arguments anti-réductionnistes peuvent être aussi tous réfutés au nom du principe de la clôture causale du monde physique (un phénomène physique ne peut avoir qu'une cause physique, i. E. Si je lève le bras pour prendre un stylo, la cause de ce mouvement ne peut qu'être due à l'activité d’un réseau de neurones et pas à une intention). La seule position qui nous semble soutenable est celle de l'anature de l’esprit, c'est-à-dire d'une rupture qualitative entre le monde biologie et celui de la psychologie, d'une séparation entre des lois matérialistes et des lois psychologiques. Pour prouver ce concept, nous montrons qu'il existe une forme particulière de machine (les antimachines ou machines polymorphes), qui tout en étant basée sur des réseaux de neurones, produit une forme de physique particulière. C'est-à-dire que nous admettons que la thèse de la Machine-Esprit peut résoudre le problème de la naturalisation de l'esprit, mais en étant seulement un modèle explicatif des circonstances déterminantes de l'esprit et uniquement cela (ce n'est donc pas une tentative de réduction de la psychologie sur des lois machinales). Finalement, nous proposons de ne pas naturaliser l'esprit dans le cadre des modèles explicatifs actuels, mais de naturaliser l'esprit dans une forme nouvelle de physique. Nous admettons ainsi que l'esprit serait une structure idéaliste ayant émergé dans notre univers.


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  • Détails : 1 vol. (204 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 191-200. Index

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