Résolution de conflit cognitif dans le raisonnement humain : neuroimagerie du biais d'appariement

par Jérôme Prado

Thèse de doctorat en Neurosciences

Sous la direction de Ira A. Noveck.

Soutenue en 2007

à Lyon 1 .


  • Résumé

    Détecter que la paire H7 vérifie la règle conditionnelle S'il n'y a pas un T alors il n'y a pas un 4 est plus difficile que de détecter que cette même paire vérifie la règle S'il y a un H alors il y a un 7. Ce phénomène, le biais d'appariement, apparaît à chaque fois que les éléments mentionnés dans une paire-test (H7) ne sont pas retrouvés dans une règle conditionnelle (T4). Il a été proposé que le biais soit causé par une heuristique poussant les participants à se focaliser uniquement sur les éléments présents dans la règle. Donner une réponse logique dans un contexte de non-appariement nécessiterait d'inhiber cette heuristique. L'objectif central de cette thèse est de tester cette hypothèse en étudiant le fonctionnement cérébral de participants alors qu'ils surmontent le biais. Une première étude nous a permis de montrer que les temps de réaction des raisonneurs augmentaient en fonction du degré de non-appariement. Dans une deuxième étude, nous avons utilisé la technique de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle afin de montrer que raisonner logiquement en contexte de non-appariement était possible grâce à l'activation d'un réseau cérébral de contrôle inhibiteur. Nous avons aussi pu découvrir que le cortex préfrontal latéral droit inhibait l'activité du cortex visuel primaire lorsque le biais devait être surmonté. Dans une troisième étude, la technique de l'électroencéphalographie nous a permis de démontrer qu'une onde N2 caractéristique du contrôle inhibiteur était engendrée lorsque la règle était non-appariée à l'item. Tous les résultats obtenus indiquent que les participants doivent inhiber une réponse heuristique afin de surmonter le biais d'appariement


  • Résumé

    It is more difficult for reasoners to detect that the letter-number pair H7 verifies the conditional rule If there is not a T then there is not a 4 than to detect that it verifies the rule If there is an H then there is a 7. This phenomenon, the matching bias, occurs every time there are mismatches between the lexical content of the rule (T4) and the letter-number pair verifying it (T7). More precisely, items mentioned in the test pair (i. E. T7) are believed to conflict with a low-level heuristic that compels reasoners to consider relevant only features mentioned in the rule (i. E. T4). In order to give a logical response in the context of mismatches, participants should inhibit this heuristic tendency. The goal of this thesis is to test this hypothesis investigating the brain activity of participants while they have to overcome the bias. In a first study, we showed that participants’ reaction times increase with the number of mismatches. In a second study, we used functional magnetic resonance imaging to demonstrate that reasoning in the context of mismatches is associated with the activation of a cerebral network involved in cognitive control. Furthermore, the activation of the mid-DLPFC, which increases as mismatching does, was accompanied by a decrease in functional integration with the primary visual cortex. In a third EEG study, we showed that mismatches trigger a frontocentral N2 linked to cognitive control. All the results argue in favor of the claim that reasoners have to inhibit a heuristic tendency in order to overcome the matching bias

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Informations

  • Détails : 1 vol. (179 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.168-178

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Claude Bernard (Villeurbanne, Rhône). Service commun de la documentation. BU Sciences.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T50/210/2007/97bis
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