Violent Islamism in Saudi Arabia, 1979-2006 : the power and perils of pan-islamic nationalism

par Thomas Hegghammer

Thèse de doctorat en Science politique. Monde musulman

Sous la direction de Gilles Kepel.

Soutenue en 2007

à Paris, Institut d'études politiques .

  • Titre traduit

    L'islamisme violent en Arabie Saoudite, 1979-2006 : la puissance et les périls du nationalisme panislamique


  • Résumé

    Ceci est une étude des dynamiques de la violence islamiste sunnite en Arabie Saoudite, et en particulier des causes de la violence qui éclate en 2003. La mouvance djihadiste saoudienne est analysée dans un cadre à trois niveaux emprunté à Donatella Della Porta, théoricienne des mouvements sociaux. La thèse s’appuie sur des sources primaires recueillies en Arabie Saoudite ainsi que sur l’Internet. L’analyse au niveau micro se base sur 787 biographies de militants saoudiens. L’analyse montre que l'Arabie Saoudite n'a pas connu de mouvement islamiste socio-revolutionnaire, et que le djihadisme saoudien s’inspire plutôt d’un nationalisme pan-islamique. La violence en 2003 représente le résultat d’un mouvement qui s’est développé en trois phases. Dans les années 1980 émerge la mouvance djihadiste dite “classique” qui s’engage dans des conflits locaux contre des non-Musulmans. Le djihadisme classique jouit du soutien de l’Etat, ainsi que de l’importance accordée au nationalisme pan-islamique dans la politique intérieure du royaume. Le milieu des années 1990 voit l’émergence d’une branche plus extrême, celle du “djihadisme global” représenté par al-Qaïda, qui combat la présence américaine dans le pays. Après l'invasion de l'Afghanistan en 2001, Ben Laden décide de rouvrir un front dans le royaume. Les vétérans d’Afghanistan mobilisent et lancent une campagne en mai 2003. Les militants échouent car ils sont perçus comme révolutionnaires et parce que les jeunes recrues préfèrent partir se battre en Irak. L’Arabie Saoudite se distingue ainsi des républiques arabes, où la violence islamiste tend à s'orienter vers les régimes, et est alimentée par des problèmes socio-économiques.


  • Résumé

    This is a study of the dynamics of Sunni Islamist violence in Saudi Arabia which asks why unrest broke out in 2003 and not earlier. It analyses the Saudi jihadist movement using a three-level framework borrowed from social movement theorist Donatella Della Porta. It uses new primary sources from jihadist Internet sites and fieldwork in Saudi Arabia. A collection of 787 biographies supports the micro-level analysis. The main finding is that Saudi Arabia lacks a strong socio-revolutionary Islamist movement, and that Saudi militancy is driven by pan-Islamic nationalism. The 2003 violence marked the homecoming of a movement which had developed in three stages. In the 1980s emerged the “classical jihadist” movement which fought non-Muslims in local territorial conflicts. It grew strong because it enjoyed initial state support and because pan-Islamic nationalism played a special role in Saudi politics. In the mid-1990s arose the more extreme “global jihadist” branch represented by al-Qaida. Bin Ladin violently opposed the US presence in the Kingdom, but was first unable, and then unwilling to launch operations at home. After the 2001 invasion of Afghanistan, Bin Ladin decided to reopen a front in Saudi Arabia. His deputy Yusuf al-Ayiri recruited hundreds of returnees from Afghanistan and launched an anti-Western guerrilla campaign in May 2003. The campaign failed because the militants were perceived as revolutionaries and lost recruits to Iraq. The dynamics of Saudi Islamist militancy thus differ from the Arab republics, where violence is more inward-oriented and driven by socio-economic grievances.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (722, 135 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. et sources p. 565-611

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