La réaction des Etats est-asiatiques au défi de la piraterie sur les mers de l'après-guerre froide

par Eric Frécon

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Jean-Luc Domenach.

Soutenue en 2007

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    Au lendemain de la Guerre froide, l’Asie orientale est marquée par un regain de la piraterie maritime. Il ne s’agit plus de littérature. Les rapports policiers remplacent les chroniques de Joseph Conrad ; les voyous et autres oubliés du miracle asiatique supplantent les fiers héros Bugis du XIXe siècle. Petits bandits des mers, mafias et occasionnellement terroristes : tous usent à leur manière des abordages, vols, détournements et kidnappings, des détroits malais jusqu’à la mer de Chine méridionale. Les gouvernements sont défiés et les piliers des Etats fragilisés. Leur autorité paraît bafouée. Ce fléau criminel peut-il être fatal pour les pouvoirs en place ? En contestant sur mer le modèle d’organisation politique inspiré des traités de Westphalie et adopté par les gouvernements locaux, que dit la piraterie sur le statut de l’Etat moderne en Asie orientale ?A première vue, sur le terrain, l’Etat semble perdre pied et ne plus contrôler ni ses approches maritimes, cibles des pirates, ni les modes de luttes gérés et encadrés dès le début des années quatre-vingt-dix par des acteurs concurrents et souvent privés, comme le Bureau maritime international. Pourtant, à plus long terme, la piraterie offre aux Etats est-asiatiques l’occasion de s’affirmer sur la scène régionale. Tous savent résister pour prendre leur revanche. Pressés de toutes parts, ils s’équipent et s’organisent pour finalement imposer leur autorité en mer. Mieux : par la coopération, ils trouvent auprès de leurs voisins un surplus de légitimité et d’efficacité. Au terme de cette fable asiatique mettant en scène le pirate et l’Etat, le plus affaibli des deux n’est pas celui qu’on pense.

  • Titre traduit

    ˜The œreaction of East Asian States to the challenge of post Cold war maritime piracy


  • Résumé

    In the years following the Cold War, East Asia has been characterized by a resurgence of maritime piracy. The situation transcends popular literary images: police reports replace the chronicles of Joseph Conrad; hoodlums and others marginalized by the Asian economic miracle take the place of the proud 19th Century Bugis heroes. Petty bandits and organized crime syndicates employ similar methods, from theft, and hijacking, to kidnapping. As a result, governmental authorities are challenged, and the pillars of the State undermined. Does this plague of crime pose a potentially fatal threat to the current powers in place? By challenging on the high seas the model of political organization inspired by the Treaties of Westphalia, and adopted by the governments of the region, what does piracy reveal about the status of the modern State in East Asia? On the surface, the State may appear to have lost ground and no longer have control over either its territorial waters, targeted by pirates, or the means of combating piracy, which since the early 80s are wielded by competing and often private actors. However, over the long term, piracy has offered States in East Asia an opportunity to reinforce their presence on the regional stage. States have managed to resist, and to take their revenge. Pressed from all sides, States have succeeded in equipping and organizing themselves to impose their authority at sea. Better yet, through regional cooperation, States have tapped new sources of legitimacy and effectiveness. At the conclusion of this Asian fable, which stages the pirate against the State, the more weakened of the two protagonists is perhaps not the one most would expect.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (XI-582, 311 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 521-555. Index

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