Langues et parcours d'intégration d'immigrés maghrébins en France

par Luc Biichlé

Thèse de doctorat en Sociolinguistique

Sous la direction de Jacqueline Billiez.

Soutenue en 2007

à Grenoble 3 .


  • Résumé

    A travers l'étude (socio)linguistique d'un groupe d'une centaine de personnes migrantes originaires du Maghreb, cette thèse traite des langues et des parcours d'intégration des personnes. Les différentes représentations analysées font apparaître que les notions de "langues" ou "dialectes" sont difficilement appréhendables en dehors de la prise en compte des identités/représentations qui se manifestent ou sont revendiquées à travers elles en fonction du contexte. Elles montrent aussi que le "brouillage" identitaire dû à la dévalorisation des parlers non officiels favorise l'adhésion à des identités supralocales symbolisées par des "langues uniques" qui en sont emblématiques (idéal monolingue) et participe au sentiment d'insécurité des personnes. Les résultats montrent également que sexe et/ou le genre représente(nt) l'un des paramètres constitutifs du rapport qui s’instaure avec la société d'immigration et "sa" langue parce que les fortes disparités qui existent souvent dès le départ (scolarité, réseau, emploi, etc. ), loin de s'estomper avec le temps et la vie dans la nouvelle société (insécurité linguistique, discriminations, etc. ), se trouvent accrues et jouent plus en faveur des hommes. L'apprentissage de la langue du pays d'immigration est donc plus une affaire de contacts avec la nouvelle société que de durée de séjour mais ces contacts sont subordonnés, en grande partie, à la structure des réseaux personnels (capital social). Enfin, dans le cadre d'une immigration familiale, le monolinguisme et/ou l'usage exclusif des langues d'origine semble caractériser l'assimilation et la marginalisation/ségrégation alors que le bilinguisme paraît montrer l'intégration.


  • Résumé

    Throughout the (socio)linguistic study of a group of about hundred migrants from Maghreb, this thesis deal with the languages and routes of integration of the persons. The different representations analysed show that the notions of "languages" or "dialects" are difficult to tackle without taking care of the identities/representations that are manifested or claimed according to the context. They also show that the "trouble" of identity due to the discrediting of non official languages encourages the adhesion toward supra local identities symbolized by emblematic single languages (monolingualistic ideal) and leads to linguistic insecurity. The different results also show that sex or gender are one of the important parameters that interfere in the relationship between the migrant, the new society and "its" language. The strong inequalities that often exist at the beginning (school, social network, work, etc. ) are often reinforced by the life in the new society (linguistic insecurity, discriminations, etc. ) and this is particularly true for women. The learning of the language of the land of immigration is more an affair of contact with the new society than a question of time spent in this society, but, these contacts are depending of the structure of social networks (social capital). Finally, in the case of a familial immigration, monolingualism or exclusive usage of the "mother tongue(s)" seems to reveal marginalisation or assimilation and, on the contrary, bilingualism shows integration.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (346, 163 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 327-346

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  • Bibliothèque : Service Interétablissement de la documentation (Saint-Martin-d'Hères, Isère). Bibliothèque universitaire Droit-Lettres.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : 205143/2007/19
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