Facteurs de risque et de protection des cancers dans l'étude épidémiologique COSA (Cancers de l'Ovaire et du Sein en Auvergne) : étude des polymorphismes génétiques et des interactions gènes-environnement

par Laëtitia Delort

Thèse de doctorat en Génétique et cancer

Sous la direction de Dominique Bernard-Gallon.

Soutenue en 2007

à Clermont Ferrand 1 .


  • Résumé

    Les taux d'incidence des cancers du sein et de l'ovaire sont en constante augmentation dans le monde. L'étiologie de ces cancers s'expliquerait en grande partie par la présence de polymorphismes génétiques à l'intérieur de gènes impliqués dans les voies biologiques majeures, gènes qui auraient également la capacité d'interagir avec les facteurs environnementaux et le mode de vie des individus. Ainsi l'identification de ces variants et de leurs interactions avec des facteurs de risque devrait conduire à la mise en place d'une prévention efficace et à la réduction du nombre de ces cancers. Ce travail de thèse a consisté à mener une étude épidémiologique cas-témoins dans une population de la région Auvergne constituée de 934 femmes ayant développé un cancer du sein, 54 femmes ayant développé un cancer des ovaires et de 1000 femmes témoins, dans le but de rechercher les facteurs de risque et de protection génétiques et environnementaux de ces pathologies. Le génotypage de l'ensemble de la population a été effectué pour 11 polymorphismes dans 7 gènes de faible pénétrance, impliqués dans les métabolismes des xénobiotiques et des œstrogènes (CYP1A1, CYP1B1, NAT2, GSTP1, COMT, ESR, PGR). L'analyse des facteurs de risque environnementaux a montré que la prise de contraceptifs, l'âge à la 1ère contraception et l'allaitement influenceraient l'apparition plus ou moins précoce des cancers du sein. Un rôle majeur de l'adiposité abdominale comme facteur de risque des cancers de l'ovaire a été observé dans notre population. L'étude des polymorphismes grâce à l'utilisation d'un modèle multigénique a révélé le rôle du gène COMT dans la cancérogenèse mammaire. COMT semble interagir avec les gènes CYP1B1, ESR, GSTP1 et NAT2 en modifiant le risque ainsi qu'avec le facteur tour de taille/tour de hanche. La présence de polymorphismes dans ces gènes va modifier l'élimination et par conséquent l'exposition de l'organisme aux carcinogènes exogènes en endogènes et boulverser la susceptibilité de chaque individu face au cancer mammaire. Un rôle plus limité des gènes étudiés a été observé dans l'étude des facteurs de rique des cancers de l'ovaire. La détermination des interactions gène-gène et gène-environnement pourra permettre la mise en place d'une prévention individualisée en identifiant les individus à plus haut risque de cancer.


  • Résumé

    Breast and ovarian cancer incidence is increasing around the world. The great proportion of these cancers could be explained by polymorphisms in low penetrance genes involved in major biological pathways. These genes could also interact with environmental and lifestyle factors. Thus an efficient prevention and a reduction in cancer would be conceivable with the identification of these variants. We performed a case-control study in the Auvergne region consisted of 934 women who developed breast cancer, 54 women who developed ovarian cancer and 1000 healthy women. The aim of the study was to evaluate genetic and environmental risk and protective factors for these pathologies. We genotyped the whole population for eleven polymorphisms in seven low penetrance genes involved in xenobiotic and estrogen metabolisms (CYP1A1, CYP1B1, NAT2, GSTP1, COMT, ESR, PGR). Oral contraceptive (OC) use, age at first OC use and breastfeeding were risk factors for early age at breast cancer onset. We observed a major role of central adiposity in ovarian cancer risk. We investigated the roles of polymorphisms in a multigenic model and found that COMT played an important role in breast cancer. This gene seemed to interact with other genes such as CYP1B1, ESR, GSTP1, NAT2 and with waist-to-hip ratio factor by modifying the risk. Polymorphisms in the studied genes would modify detoxication and consequently women exposure to endogenous or exogenous carcinogens. This would change individual breast cancer susceptibility. A limited role of these polymorphisms was found in ovarian cancer risk. Thus the identification of gene-gene and gene-environment interactions will lead to an individualized prevention strategy by identifying high-risk individuals.

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  • Détails : 1 vol. (83 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 63-72

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