Le paysage dans l'oeuvre romanesque de Jules Barbey d'Aurevilly

par Sophie Vergeret

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Gérard Peylet.

Soutenue en 2007

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Le paysage occupe une place d’élection dans l’œuvre romanesque aurevillienne à partir d’Une vieille Maîtresse (1851) : « La Normandie y est peinte avec un pinceau trempé dans la sanguine concentrée du souvenir. », avoue l’auteur. Pour autant, si le paysage normand est célébré avec la justesse et l’attachement filial de l’enfant du pays, il serait réducteur d’envisager Barbey d’Aurevilly comme un simple écrivain régionaliste. La notion même de paysage tire sa puissance de son origine aux confluents de la peinture et de la littérature, et implique de ce fait des enjeux imaginaires et esthétiques autrement plus vastes. Parcourir le paysage, autant que l���évoquer, c’est plonger au fond de soi, de sa mémoire, pour lire dans l’extériorité les traces de sa propre âme. C’est encore imprégner l’espace des méandres de son âme. La géographie devient dès lors tout intérieure, la quête du paysage est quête de la sphère intime. Dans cet entrelacs de correspondances se niche toute la richesse esthétique d’une écriture qui cherche à « donner à voir », qui tente de mettre en mots ce qui ne saurait relever que de la vision soudaine et fugitive, de l’instantanéité. Imaginaire, ontologique, le paysage est projection des tréfonds de l’être, fragment de ce qui se dérobe sans cesse. Ecrire le paysage, pour Barbey d’Aurevilly, c’est tenter de traduire la quête d’une parole littéraire qui « crée » une image, d’une « sorcellerie évocatoire », qui mêle paysage et âme au sein d’une essence ineffable.

  • Titre traduit

    The landscape in Barbey d'Aurevilly's works of fiction


  • Résumé

    The landscape occupies a favoured place in Barbey d’Aurevilly’s works of fiction, from Une vieille Maîtresse ( 1851): “La Normandie y est peinte avec un pinceau trempé dans la sanguine concentrée du souvenir” the author admits. However it would be reductive to consider Barbey d’Aurevilly as a simple regionalist writer even if the Norman landscape is celebrated with the accuracy and the filial attachment of the native. The even notion of landscape draws its power from its origins, at the crossroad of painting and literature, and implies therefore far more vast imaginary and aesthetic stakes. Travelling through the landscape as evoking it, is to plunge into one’s self, one’s memory, to read in the outside the traces of one’s own soul. Moreover, it is to mark the landscape with the meanders of one’s soul. Geography then becomes an interior discipline, the quest for landscape is a quest of intimacy. In these interlacing correspondences nestles all the richness of a writing, which aims to picture, which attempts to put into words what would only be a glimpse. Imaginary, ontologic, the landscape is a projection of the inmost depths of the soul, a piece of what constantly hides. Writing the landscape for Barbey d’ Aurevilly is an attempt to convey the quest of a literary propos that creates an image, a “sorcellerie évocatoire” where soul and landscape are intertwined within an ineffable essence.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (420 f.)
  • Annexes : Bibliogr. : f. 390-414. Index

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