Dynamique de l’eau et dissipation de l’isoxaflutole et du dicétonitrile en monoculture de maïs irrigué : effets du mode de travail du sol et de gestion de l’interculture

par Lionel Alletto

Thèse de doctorat en Sciences agronomiques et environnementales

Sous la direction de Yves Coquet.

  • Titre traduit

    Water dynamic and isoxaflutole under irrigated continuous maize : effects of soil tillage and intercrop period management


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    Les systèmes intensifs de monoculture de maïs ont conduit à une contamination importante des eaux souterraines et superficielles par les pesticides sur le bassin versant Adour-Garonne. Dans une logique de gestion de ce risque environnemental, l’objectif général de cette thèse est d’apporter des éléments de compréhension de la dynamique de l’eau et du devenir de molécules herbicides sous différentes conduites culturales du maïs. Les molécules herbicides étudiées sont l’isoxaflutole et son produit de dégradation possédant l’action herbicide, le dicétonitrile, qui représentent une solution de remplacement de l’atrazine dans les programmes de désherbage. Quatre systèmes de culture du maïs, croisant deux techniques de travail du sol (technique conventionnelle avec labour vs. Technique de conservation avec travail superficiel) avec deux modes de gestion de la période d’interculture (sol nu vs. Sol couvert par une culture intermédiaire), sont conduits sur une parcelle agricole située sur un sol limoneux hydromorphe de la vallée alluviale de la Garonne. Les dynamiques de l’eau et des herbicides ont été suivies durant deux années (2005 et 2006) en conditions de plein champ à partir d’un dispositif instrumenté. En complément, une caractérisation détaillée de l’hétérogénéité des propriétés physiques du sol et des mécanismes impliqués dans la dissipation des pesticides, notamment la rétention et la dégradation des pesticides par le sol, a été menée en s’appuyant sur une description morphologique des compartiments de sol créés par les opérations culturales successives. Certains des paramètres obtenus ont ensuite été utilisés dans un travail de modélisation des dynamiques de l’eau et des solutés sur les modalités les plus contrastées (i. E. Technique conventionnelle / sol nu et technique de conservation / sol couvert), à l’aide du modèle HYDRUS 2D. Les résultats de suivi au champ montrent un fonctionnement hydrodynamique différencié entre les systèmes de travail du sol en 2005. Un drainage plus important sous les modalités en technique conventionnelle durant la période de culture est mesuré mais demeure sans conséquence significative sur les pertes d’herbicide. En 2006, en revanche, aucun effet lié au travail du sol sur le drainage n’a été mis en évidence. Sur cette année là, les pertes d’eau et d’herbicide ont été plus faibles sous les modalités ayant reçu au préalable un couvert végétal en période d’interculture ce qui peut s’expliquer par un ralentissement de la migration de l’eau et des solutés consécutifs à un assèchement du sol par le couvert. L’étude des capacités d’infiltration en surface dans les différentes modalités a permis de mettre en évidence l’importance de la variabilité temporelle des propriétés hydrodynamiques du sol travaillé qui, selon la période à laquelle les mesures sont conduites, peut induire un biais dans l’estimation de ces propriétés. Les mesures de conductivité hydraulique réalisées dans les profils culturaux indiquent des capacités de conduction de l’eau globalement plus faibles mais plus homogènes en technique de conservation qu’en technique conventionnelle. Le travail du sol à la charrue est en effet à l’origine d’une importante variabilité verticale et latérale des propriétés physiques, variabilité que nous identifions également dans les mesures de teneur en eau immobile du sol, à l’origine d’un transport préférentiel des solutés. Au niveau des pesticides étudiés, la rétention des deux composés est corrélée à la teneur en carbone organique des compartiments de sol concernés, se traduisant par une rétention supérieure en technique de conservation. La dégradation de l’isoxaflutole étant essentiellement abiotique, le travail du sol n’a que peu d’effet sur elle et ce sont principalement les conditions du milieu qui influencent la cinétique de dégradation. En revanche, la dégradation du dicétonitrile, d’origine biologique, est plus rapide en technique de conservation et reste sensible aux conditions d’incubation. Là-encore, une variabilité verticale et latérale des propriétés de dégradation en technique conventionnelle lié au travail du sol à la charrue a été mise en évidence, alors qu’en technique de conservation, la variabilité de la dégradation du dicétonitrile est associée à la stratification verticale des matières organiques. La modélisation des phénomènes observés a tout d’abord permis de souligner une déconnection importante entre les mesures physiques réalisées en laboratoire (rétention en eau) et le fonctionnement du sol non perturbé. L’utilisation de mesures de terrain du potentiel matriciel et de la teneur en eau du sol, couplée à une étape de modélisation inverse, a abouti à une bonne représentation de la dynamique de l’eau et des solutés sous les deux modalités étudiées. Les représentations numériques ainsi obtenues indiquent des pertes en herbicide plus faibles en technique de conservation / sol couvert mais soulignent également la nécessité d’une prise en compte simultanée de l’hétérogénéité du milieu sol et du développement racinaire de la plante.

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  • Détails : 1 vol. (318 p.)
  • Annexes : Bibliographie 526 réf.

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