Emigration internationale de travail et mutations socio-spatiales d'une ville frontalière : cas d'Oujda (Maroc)

par Noureddine Bouammali

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Anne-Marie Frérot.

  • Titre traduit

    International emigration of work and socio-spatial mutations of frontalier city : Oujda case (Morocco)


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  • Résumé

    Oujda est une ville frontalière et périphérique marocaine. Elle constitue un foyer incitatif à l’émigration. En effet, elle abrite un potentiel humain disponible à émigrer dès que l’occasion se présente. Ces mouvements migratoires caractérisant la ville d’Oujda, comme partout à l’échelle nationale, ne sont ni le fait du hasard, ni de la fatalité, mais sont les conséquences issues d’un dysfonctionnnement de son système social et économique. En fait, c’est la conjugaison de plusieurs facteurs qui expliquent le déclenchement des départs. Certains sont liés à l’histoire de la région, d’autres au système économique du pays, d’autres encore sont propres à la ville d’Oujda… Cette dernière est donc passée du statut de foyer d’accueil à celui d’espace de départ, d’une ville de transit vers l’Algérie à l’époque coloniale à un carrefour de transit et de circulation des Maghrébins et des Subsahariens vers l’Europe. L’émigration en provenance de la région d’Oujda vers l’étranger a connu depuis le milieu des années 1970 une mutation profonde qui a bouleversé la nature de la migration et les caractéristiques sociales, économiques, culturelles et professionnelles des migrants oujdi. Ce changement concerne particulièrement la structure d’âge et de sexe des émigrés, le regroupement familial et la féminisation de la migration, le niveau d’instruction, les secteurs du travail et l’accès à la naturalisation. Il en résulte un changement dans les transferts, les dépenses, les investissements et une modification du niveau de vie des émigrés et de leurs familles restées sur place. Dans le même cadre, les flux financiers et matériels acheminés par le canal migratoire constituent les éléments fondamentaux du changement de la structure sociale, économique et spatiale de cette région. En outre, chaque type de transfert a un effet direct et indirect sur la société locale. La visibilité sociale et économique de ces transferts a des répercussions sur les comportements des nouveaux candidats à l’émigration. Il existe par ailleurs une relation dialectique entre la recette issue de l’émigration et les activités frontalières dans la région d’Oujda. Les transferts ont joué un rôle moteur non seulement dans la création et le dynamisme du commerce parallèle et des activités liées à la frontière, mais aussi dans le capital consacré à la pratique de la contrebande. Les revenus issus de la contrebande et du marché noir ont été bien souvent les ressources principales finançant les frais du premier départ vers l’étranger. Les revenus migratoires représentent donc une source vitale pour la ville. Elles sont incontestablement un puissant facteur d’urbanisation, de tertiarisation et d’amélioration du mode et du niveau de vie des habitants de la région. Toutes les activités économiques sont liées directement et indirectement à la migration externe. Au-delà, la migration internationale apparaît également comme un facteur essentiel des mutations sociales, culturelles et linguistiques. Le changement le plus profond concerne certainement la femme et la famille restées sur place.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (V-367 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 314-327.

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  • Bibliothèque : Université François Rabelais. Service commun de la documentation. Section Droit, Economie et Sciences sociales.
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  • Cote : MF 2726
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