Le dessin : le réel et ses représentations, de l'illusion d'une saisie à une poïétique de la fiction

par Olivier Subra

Thèse de doctorat en Arts plastiques

Sous la direction de Guy Lecerf.

Soutenue en 2006

à Toulouse 2 .

  • Titre traduit

    ˜The œdrawing : reality and its representations, from the illusion of a seizure to a poïetic of fiction


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  • Résumé

    Par son immense ampleur historique et culturelle, et par son implication dans une multiplicité de pratiques dont il est souvent le procédé inaugural, le dessin fournit un point essentiel pour l’investigation théorique des pratiques signifiantes, qu’elles soient, ou non artistiques. Une longue tradition de pensée, devenue aujourd’hui un lieu commun incontournable, associe la pratique du dessin, et l'ensemble des pratiques graphiques, à une simple duplication de la réalité. Partant de cette conception, toute pratique artistique ne peut alors être conçue que comme une représentation “fantaisiste“, une fiction destinée au mieux à divertir, au pire à tromper. La rupture entre l’art et la connaissance, l’artiste et la société, le logos et le pseudos, est ainsi consommée. L’analyse poïétique du dessin propose de remettre au centre de la question la poïésis, la production et non plus le seul produit, c'est-à-dire de penser les pratiques graphiques dans la perspective dynamique d’un processus. Il ne s’agit donc plus de considérer le produit dans un rapport au réel figé, mais de prendre en compte les différents types de pratique qui s’articulent autour de lui : pratiques de production mais aussi de réception, de diffusion, d’interprétation. Dans cette optique, dessin et écriture se ramènent à la question d’une graphie, étymologiquement “incise“ ou “entaille“ : une simple action de contact qui est avant tout une manière de marquer le réel, de l’organiser, de se l’approprier. La rupture classique entre spirituel et matériel, qui trahit l’emprise d’un platonisme largement réinterprété, s’efface ainsi devant un processus complexe dans lequel c’est à partir de l’acte graphique que se constitue la possibilité d’une saisie conceptuelle du réel. C’est donc dans une plus large mesure le statut philosophique de la représentation qui est ainsi abordé, révélant la dimension épistémologique de la question du dessin. Rejoignant les propositions de la sophistique, et considérant leur impact critique décisif pour le discours philosophique, toute représentation, à commencer par le discours, peut être abordée comme une fiction : une construction qui n’a d’autre but que d’imposer du sens à un réel dominé par le hasard et le chaos. Le dessin apparaît ainsi comme l’expression d’une volonté de puissance, la mise en oeuvre d’une illusion signifiante vitale. Tout comme le discours philosophique établissant le statut classique de la représentation et du langage, qui se comprend lui-même comme une manière de lutter contre le hasard et la dégradation, de tenter d’imposer l’ordre d’un monde au chaos du réel.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (408 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 391-402

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