Le mal de justice : quelle justice peut rendre compte du mal ? Réponse de Job, des amis et de Dieu

par Marion Muller

Thèse de doctorat en Théologie protestante

Sous la direction de Alfred Marx.

  • Titre traduit

    Job : a longing for justice : what kind of justice can overcome evil ? Job's answer, and that of his friends, and God


  • Résumé

    Quelle justice peut venir à bout du mal ? Cette question semble être au cœur de la problématique du livre de Job, et nous la faisons nôtre pour mener une enquête qui, à partir d'une analyse vétérotestamentaire, voudrait aboutir à une réflexion éthique. Il s'agit d'observer les systèmes explicatifs du mal élaborés par l'homme et la conception de la justice que ces systèmes impliquent. Pratiquement, cette observation repose dans un premier temps sur les éléments fournis par le dialogue entre Job et ses amis. Pour ces derniers, c'est la justice rétributive, dont l'application systématique est garantie par Dieu lui-même, qui vient à bout du mal et prémunit contre lui l'homme qui mène une vie honnête et juste. Notre étude met en évidence qu'en théorie, Job partage sur ce point l'opinion des amis. Mais en pratique, par son expérience de " juste souffrant ", Job est contraint de renoncer au système rétributif qui devait le protéger, en tant qu'homme " intègre et droit ", de tout assaut du mal. Ce faisant, Job opère une distinction inaudible pour les amis : il distingue le mal du malheur qui fait fi de l'équation rétributive et frappe le juste en dépit de son intégrité. Il introduit ainsi la notion menaçante du sort, dont l'arbitraire représente une angoisse insoutenable. Dans un deuxième temps, notre étude s'intéresse à la réponse de Dieu, lui dont le dialogue laisse entendre qu'il est le Maître de la justice. Mais c'est en tant que Maître de la création que Dieu répond (ch. 38-41). La justice, telle qu'elle est abordée dans le dialogue tant par Job que par les amis, est passée sous silence. Or c'est précisément ce silence, ce hiatus entre le dialogue et la réponse de Dieu qui nous paraît instructif et ouvre la voie d'une réflexion éthique pour une responsabilisation de l'homme dans son rapport à la notion sacrée de justice.


  • Résumé

    What kind of justice can overcome evil? This seems to be the central question in the reasoning of the book of Job, and we will use it as basis for this study, which starts from an Old Testament analysis and attempts to lead through to an ethical reflection. This thesis looks at the way man elaborates systems to explain evil, and the conception of justice implied by these systems. Practically, this observation is based, in the first instance, on elements from the dialogue between Job and his friends. For Job's friends, justice is based on rewards given systematically by God himself. This is the only kind of justice that can overcome evil, and can protect the man who lives an honest and righteous life. Our study shows that in theory, Job agrees with his friends on this point. However, in practice, through his experience of “righteous sufferer”, Job is forced to abandon this system of rewards which ought to have protected him, as an upright man, from all evil. In this, Job makes a distinction that his friends are unable to accept: he distinguishes evil from suffering. Suffering destroys the neat equation of reward, and strikes the righteous in spite of his integrity. Job thus introduces the threatening notion of chance, with all its unbearable unpredictability. In the second instance, our study will look at the answer of God, who is portrayed by Job and his friends as Lord of justice. But rather, it is as Lord of creation that God replies (ch. 38-41). Justice, as discussed by Job and his friends, is not mentioned. And it is precisely this silence, this hiatus between the dialogue and God's reply that seems meaningful, and which opens the way for an ethical reflection, handing the responsibility back to humans in their relationship to the sacred notion of justice.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (314 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 286-306

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.728,2006
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