Etude des mécanismes de la reconnaissance des visages et de leurs dysfonctionnements chez des patients atteints de schizophrénie : approche psychologique et électrophysiologique

par Stéphanie Caharel

Thèse de doctorat en Psychologie. Neurosciences cognitives

Sous la direction de Mohamed Rebaï.

Soutenue en 2006

à Rouen .


  • Résumé

    Nos recherches visent à accéder à certaines propriétés structurales (cortex cérébral) des activités de perception et de reconnaissance des visages chez l’être humain. Plus spécifiquement, nous avons tenté de confronter l’architecture fonctionnelle du modèle le plus influent dans ce domaine, celui de Bruce et Young (1986), à la réalité neuro-fonctionnelle du cerveau. Après avoir passé en revue les données ainsi que leurs interprétations qui émergent d’une littérature relativement récente sur les mécanismes impliqués dans le traitement des visages, nous avons poursuivi trois objectifs. Le premier vise à établir un corrélat électrophysiologique à la spécificité fonctionnelle du traitement des visages par rapport aux autres objets visuels ; nous avons notamment cherché à comprendre quelle est l’origine de cette spécificité. Le deuxième cherche à expliquer le fonctionnement des mécanismes perceptifs d’encodage structural des visages au regard des influences de représentations en mémoire ou des routines perceptives développées par l’apprentissage ; nous avons également cherché à connaître si, à ce niveau du traitement, la familiarité et l’expression des visages sont prises en charge par des processus distincts. Le troisième objectif fait appel à la méthode pathologique et porte sur l’étude des déficits avérés dans la reconnaissance des visages chez des patients schizophrènes. Cette méthode est employée afin de consolider nos connaissances sur les processus « normaux » en œuvre dans la reconnaissance des visages mais aussi afin de connaître l’origine et la nature de ces déficits. Quatre expériences ont été menées à l’aide de deux approches : comportementale et électrophysiologique. Les données montrent que 1) la spécificité du visage humain serait associée à son niveau d’expertise et se vérifie en particulier à travers la « robustesse de l’effet d’inversion », 2) la familiarité et l’expression émotionnelle modulent l’étape perceptive d’encodage structural des visages de façon indépendante, 3) les patients schizophrènes seraient atteints d’un déficit généralisé à traiter ces deux dimensions du visage. L’ensemble de nos données indique qu’au cours de l’étape d’encodage perceptif des visages, outre une discrimination inter-catégorielle (visage vs objet), une discrimination intra-catégorielle (visages familiers vs inconnus) est possible. Celle-ci serait le résultat d’une pénétrabilité cognitive de cette étape par des influences « top-down » des représentations en mémoire. Ces influences seraient troublées chez les patients schizophrènes à cause d’un dysfonctionnement des étapes précoces de traitement dont les conséquences engendreraient une perte généralisée de la capacité à évaluer la familiarité et l’expression émotionnelle des visages.


  • Résumé

    The main goal of our research project was to determine structural properties of visual stimuli at the cortical level with respect to form perception and face recognition. More specifically, we evaluated the Bruce and Young (1986) model, probably the most influential one in this context of functional neuro-anatomy. After reviewing the main lines of research in face perception, we developed three objectives. The first objective concerns electrophysiologic correlates of functional specificity of facial as opposed to object information processing, as well as their origins. The second objective concerns the function of the structural encoding of faces relative to memory representations or perceptual learning, as well as whether familiarity and expression are treated by distinct processes. The third objective concerns face perception in a pathologic population, namely schizophrenic patients, in order to obtain insights on the specific stage of processing affected in this disorder. Four experiments using measurements of behavioral and event-related potentials were conducted. The results show: 1) that the specificity of human face processing is related to its level of expertise and particularly to the “robustness of the inversion effect”; 2) familiarity and expression modulate the structural encoding stage in an independent fashion; 3) schizophrenic patients are affected both at the level of familiarity and expression. Overall, our data indicate that during the structural encoding stage of facial processing, both inter- (face vs object) and intra- (familiar vs unfamiliar) categorical discriminations are possible, attributable to top-down perceptual influences. These influences are probably deficient in schizophrenia at the earliest processing stage and cause downstream dysfunctions for the recognition of familiarity and emotional expression.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (151 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 219-252

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