Les Schistosomoses au Bénin : épidémiologie et écologie des interactions hôte-parasite

par Moudachirou Ibikounle

Thèse de doctorat en Biologie

Sous la direction de Hélène Moné et de Nestor Gilbert Sakiti.


  • Résumé

    Ce travail présente une étude épidémiologique et une étude des interactions hôte-parasite sur les schistosomoses au Bénin. Au plan épidémiologique, une synthèse bibliographique de l'état des travaux réalisés sur les schistosomoses dans l'espace de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été menée. Au Bénin, nos analyses épidémiologiques ont permis de confirmer l'existence de deux espèces de schistosomes humains : S. Haematobium et S. Mansoni sur les cinq signalées dans l'espace CEDEAO dans lequel le Bénin se situe (S. Haematobium, S. Mansoni, S. Guineensis, S. Bovis et S. Curassoni). La prévalence générale obtenue pour S. Haematobium est de 85% et celle de S. Mansoni est de 30%, avec l'existence de foyers de transmission mixtes. Les prospections malacologiques ont révélé la présence au Bénin d'au moins cinq espèces de mollusques potentiellement vectrices : B. Forskalii, B. Globosus et B. Truncatus, vectrices de S. Haematobium, B. Pfeifferi, vectrice de S. Mansoni et I. Exustus, mollusque exotique au Bénin, connu comme vecteur de S. Indicum, S. Spindale et S. Nasale en Asie du sud-est. Nous signalons la présence de I. Exustus pour la première fois au Bénin où ce mollusque semble être, pour le moment, passif dans la transmission des schistosomoses. Au plan de l'écologie des interactions mollusque-parasite, notre étude a montré que les différentes populations de S. Haematobium sont différemment compatibles avec trois des quatre groupes de mollusques Bulinus : le groupe africanus, le groupe forskalii et le groupe reticulatus alors que les différentes populations de S. Mansoni sont toutes également compatibles avec B. Pfeifferi. L'analyse de six traits d'histoire de vie, période prépatente, prévalence, production cercarienne chez le parasite et croissance, reproduction et survie des mollusques a été abordée avec cinq populations locales de schistosomes dont trois populations de S. Haematobium (Doh, Sô-Tchanhoué et Toho-Todougba) et deux populations de S. Mansoni (Kpinnou et Toho-Todougba) et a révélé que si les populations de S. Haematobium semblent être adaptées à un vecteur local, ce n'est pas le cas chez l'espèce S. Mansoni. Au plan de l'écologie des interactions vertébré-parasite, notre étude a révélé l'existence d'un rythme d'émission cercarienne horaire particulier, de type infradien, à la fois chez S. Haematobium et chez S. Mansoni. L'étude anthropique réalisée au niveau d'un des foyers de transmission (Toho-Todougba) où les deux espèces sont présentes a permis de constater une parfaite synergie entre la chronobiologie cercarienne et la dynamique des activités chez l'Homme : il pourrait s'agir d'une stratégie développée par le parasite pour maintenir ses rendez-vous avec son hôte naturel vertébré.

  • Titre traduit

    Schistosomiasis in Benin (West-Africa) : Epidemiology and ecology of the host-parasite interactions


  • Résumé

    This work presents an epidemiological and an ecological study of schistosomiasis in Benin. A synthesis of the epidemiological knowledge of schistosomiasis in the space of the Economic Community of West Africa States (ECOWAS) was carried out. Furthermore, in Benin, we confirmed the existence of the two human schistosomes : S. Haematobium and S. Mansoni on the five existing in the ECOWAS space in which Benin is located (S. Haematobium, S. Mansoni, S. Guineensis, S. Bovis and S. Curassoni). The prevalence obtained for S. Haematobium was 85% and that for S. Mansoni was 30%, and there was evidence for mixed human infections. We could find in Benin at least five potentially snail vector species : B. Forskalii, B. Globosus and B. Truncatus for S. Haematobium, B. Pfeifferi for S. Mansoni and I. Exustus, an exotic snail known to be the snail vector for S. Indicum, S. Spindale and S. Nasale in South-East Asia. I. Exustus is recorded for the first time in Benin in this work and no evidence of active transmission was made. The study of the snail-schistosome interactions showed that the different S. Haematobium populations were differently compatible with three of the four groups of Bulinus : the africanus group, the forskalii group and the reticulatus group and that the different S. Mansoni populations were equally compatible with B. Pfeifferi. The six life-history traits, parasite prepatent period, prevalence and cercarial production and snail growth, reproduction and survival were analyzed using five schistosome populations from Benin including three populations of S. Haematobium (Doh, Sô-Tchanhoué and Toho-Todougba) and two populations of S. Mansoni (Kpinnou and Toho-Todougba) and revealed that if the S. Haematobium populations seemed to be adapted to a local vector, this was not the case for the S. Mansoni populations. The study of the vertebrate-schistosome interactions revealed the existence of an infradian rhythm in the cercarial emissions of both S. Haematobium and S. Mansoni. The human behaviour, followed in one of the transmission sites (Toho-Todougba) where both schistosome species are present, was perfectly correlated with the schistosome chronobiology. This was interpreted in terms of adaptative strategy favouring the transmission of the parasite to its human host.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (354 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. 331-354 p.

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  • Bibliothèque : Université Perpignan Via Domitia. Service commun de la documentation. Section Sciences.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2006 IBIK
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