La photographie de groupe en classe comme palimpseste de l'institution scolaire : essai d'une approche sémiologique de ce document
| Auteur / Autrice : | Christine Charpentier-Boude |
| Direction : | Nicole Mosconi |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Soutenance en 2006 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
La photographie de groupe en classe constitue à force d'être répétée, et cela depuis le milieu du XIXe siècle, une partie de la mémoire de l'école et de la société qu'elle représente. Elle semble accompagner le deuil d'une multitude d'histoires scolaires et en même temps conjurer ces disparitions. Cette image particulière, mise en scène d'une réalité institutionnelle capturée par l'appareil photographique, répétée au cours d'un rituel codifié, conservée ou non par les usagers, loin d'être monolithique et univoque, paraît être porteuse d'un ensemble de significations institutionnelles et intimes. Cette photographie pourrait ainsi dire des choses sur ce et ceux qu'elle montre, mais aussi sur ceux qui la montrent. Elle pourrait dire des choses sur ce qui se voit, mais aussi sur ceux qui l'ont prise ou provoquée, sur ceux qui la gardent et la regardent, présents ou non sur le cliché. Témoignant d'un monde extérieur à la famille mais ayant sa place dans l'album familial, elle paraît être une zone intermédiaire entre l'individu, le groupe familial et le monde de l'école. Ce travail aborde les différents contenus, manifestes et latents, mêlant l'implicite et l'explicite, qui émergent de cette image et qui laissent penser que ce médium est porteur d'un imaginaire collectif doublé d'un imaginaire individuel. Cette recherche propose donc de ''prélever'' cette mise en forme particulière de l'institution scolaire pour en faire émerger du sens, cela en utilisant ce document non pas comme une simple illustration, mais comme un objet d'étude pouvant servir autant de mémoire que d'outil d'analyse. Les premières parties présentent une analyse historique, iconique et socio-institutionnelle de ce document et abordent cette photographie comme pratique rituelle de l'institution scolaire. La dernière partie s'intéresse plus particulièrement à ce cliché comme archive intime et aux rapports qu'entretiennent avec elle les usagers de l'école et des lieux de formation. La conclusion s'articule autour de ce qui pourrait se définir comme une approche ''mythographique'' de cette image et présente les prolongements possibles de cette recherche.