Expérience de la différence et construction de l'identité en Italie

par Françoise Felce

Thèse de doctorat en Études culturelles. Italien

Sous la direction de Pascal Gabellone.

Soutenue en 2006

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    L’Italie est, dit-on, le lieu des paradoxes. Le moindre n’est pas la difficulté de parler d’une Italie quand il y aurait des Italie. Comment cerner l’identité de cette réalité multiple ? Comment l’identité se construit-elle ? Au cours des siècles, la philosophie puis la sociologie se sont heurtées à cette notion contradictoire, ce lien dynamique entre l’identique et le différent. Depuis Hume, nous savons que l’identité est peut-être une illusion inventée par la mémoire : un « regard ». Stéréotypes, représentations voire préjugés : l’Italie en est riche. Depuis toujours, elle amuse, irrite, étonne. Les Italiens, les premiers, semblent se complaire sous ce regard et user d’un discours « autoréférencé ». Ainsi se construit une italianité fortement identitaire. Or, l’un des fils d’Ariane de l’identité italienne, c’est son rapport à la différence. Le morcellement italien, son identité fragmentée créés par l’Histoire laissent pressentir que l’expérience identitaire italienne est un observatoire privilégié de la relation à l’autre constitutive d’identité. Confrontée à la différence pendant toute son Histoire, descendante d’une Rome qui, cas rare dans l’Antiquité, savait « récupérer » la diversité, l’Italie se révèle comme le pays d’une forme originale de tolérance, la « tolérance de fait ». Celle-ci s’inscrit dans un rapport spécifique à l’espace (relation horizontale, importance de la société civile) et au temps (histoire infinie). Dans un monde « global » où les problèmes identitaires revêtent une importance nouvelle, où l’on revendique sa propre différence tout en se heurtant à celle de l’autre vécue comme une menace, l’expérience italienne serait-elle, paradoxe encore, exemplaire ?

  • Titre traduit

    The experience of difference and the construction of italian identity


  • Résumé

    Italy is often said to be a core of contradictions. Not the least one is the difficulty of talking about a single Italy, where there would be many Italies. How can we define the identity of this multiple reality ? How does identity build itself ?Philosophy first, then sociology have for a longtime tried to tackle that contradictory notion, that dynamic relation between sameness and difference. After Hume, we know that the notion of identity is perhaps a memory created illusion. Said in another way, it is a "perception". Italy is extremely rich in stereotypes, representations, even prejudices. It was always an amusing, irritating, amazing country. Italians themselves seem to take pleasure in that very image and use a "self-referenced” discourse. In that way a strong Italian identity is built. One of the many vital leads for understanding the Italian identity is its relation to difference. Because of the Italian divisions, its history-created fragmented identity, the Italian identity experience could be a privileged observatory for the relation to the other. Faced to the problem of difference all along its history, descendent of Rome which, an almost unique case during Antiquity, knew how to "appropriate" differences, Italy shows itself as a place of a peculiar kind of tolerance, "practical tolerance". That kind of tolerance is related to space (horizontal relation and importance of the civil society) and time (endless story). In a global world, where identity problems seem to acquire a new importance, where peoples claim the right to their own difference while fighting – as threatening - that of the others, the Italian experience could be - a last paradox - a positive example.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (322 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 317-322

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2006.MON-14
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