La Correspondance échangée entre les églises d'Afrique et de Rome à l'occasion de la controverse pélagienne (416-418) : traduction, commentaire et annotations d'un dossier de l'épistolaire augustinien

par Laurence Dalmon

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Paul Mattei.

Soutenue en 2006

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Entre le printemps 416 et l’automne 418, sous les pontificats des papes Innocent Ier et Zosime, l’Église d’Afrique parvint à faire ratifier, au prix d’une correspondance régulière et fournie, un point capital de sa politique ecclésiastique par les autorités romaines : la condamnation officielle du mouvement pélagien au titre d’hérésie. Fondée sur l’exaltation du libre arbitre humain et une reconnaissance appuyée des mérites individuels, la morale pélagienne passait pour contredire l’affirmation scripturaire d’une grâce divine souveraine et rédemptrice. Après avoir été condamné une première fois en la personne de son disciple, Célestius, lors d’un concile carthaginois réuni à l’automne 411, Pélage dut lui-même répondre de ses thèses en décembre 415 devant le synode palestinien de Diospolis (aujourd’hui Lydda ou Lod en Israël). La nouvelle de son acquittement suscita en Afrique une telle émotion que les évêques résolurent d’alerter directement le Siège apostolique. Habilement coordonné, le "lobby" africain s’exerça tantôt dans un cadre conciliaire, tantôt en exploitant, avec le concours de l’intéressé, la renommée et les réseaux épistolaires d’Augustin. Le corpus d’étude rassemble une dizaine de pièces qui toutes figurent, à une exception près (les lettres du pape Zosime), dans la Correspondance augustinienne. Il conduit à explorer des domaines de recherche aussi variés que l’histoire des doctrines (en l’occurrence la formation et l’infléchissement des théories augustiniennes sur la grâce et le libre arbitre), l’histoire des institutions tardo-antiques (et d’abord l’appréhension de cette structure, plus ou moins tangible au Vème siècle, qu’on nomme par commodité "chancellerie ecclésiastique"), enfin la critique des textes afférents, produits d’une épistolographie officielle qui soulève de multiples enjeux : diplomatiques et ecclésiologiques quant au fond ; philologiques et ecdotiques quant à la forme. Between Spring 416 and Autumn 418, during the reigns of Popes Innocentius 1st and Zosimus, the African Church succeeded in having a main point of its ecclesiastical polititics ratified by the Roman authorities: the condemnation of the Pelagian movement as an heresy. Based on the appraisal of human free will and the recognition of individual merits, the Pelagian ethics was notorious (-) for refuting divine grace and Redemption. After he had been once condemned through his follower Celestius in a council that took place in Carthago by Autumn 411, Pelagius himself was constrained to answer for his thesis in December 415 before a Palestinian council of Diospolis (nowadays Lod or Lydda in Israel). The news that he had been acquitted moved the African Church so strongly that the bishops decided to call on the apostolic see. Being very well coordinated, the African "lobby" acted through a conciliar structure, but also thanks to the exploitation of Augustine's fame and epistolary networks. The corpus brings together about ten letters that can be read in Augustine's Correspondence. It leads one to investigate in several research fields, such as the history of doctrins (particularly the formation and mutation of Augustinian theories about grace and free will), the history of Late Antiquity's institutions (at first, this structure, more or less tangible in Vth century, which is ordinarily called "ecclesiastical chancery" for greater convenience ) and at last, the studies of texts relating to it -results of a ceremonial epistolography which raises many issues: diplomatical and ecclesiological regarding their contents; philological and editorial regarding their form.


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  • Détails : 3 vol. (651 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr.

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