Logiques de différenciations : anciennes lycéennes d'origine algérienne

par Monique Deschamps

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Yves Grafmeyer.

Soutenue en 2006

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Quels sont les destins sociaux possibles, à la fin du XXe siècle, pour des filles de migrants d'origine algérienne qui ont été la première génération de la famille à faire des études au moins jusqu'au baccalauréat? Pour étudier cette question, on a adopté une perspective à la fois sociologique et anthropologique. La méthode est comparative. Le matériau principal de la recherche, une enquête par entretiens approfondis, porte sur une population de jeunes femmes d'origine algérienne, espagnole, italienne ou française. Pour la plupart, elles sont issues de milieux populaires et ont fréquenté le même lycée de la périphérie lyonnaise. Elles résidaient au début des années 2000 dans la région où elles avaient grandi dans les années 1960-1970. On a analysé de façon systématique les relations entre, d'une part les modes différenciés de socialisation primaire et secondaire dans les trois mondes de la famille, de l'école et des pairs, d'autre part l'orientation différenciée ou différentielle des conduites à l'entrée dans la vie adulte et ultérieurement, ainsi que l'hétérogénéité des cosmos de sens incorporés qui sous-tendent ces choix pratiques. Une socialisation uniquement maternelle oriente vers une identité sociale prédéfinie, coextensive à la sexuation féminine. Une socialisation paternelle et maternelle, corrélée à l'exercice précoce de responsabilités perçues comme masculines, encourage à adopter une posture autocentrée et à entrer dans des rapports de concurrence avec autrui. Enfin, une socialisation porteuse de contradictions culturelles favorise une posture décentrée, et lance dans un processus sans fin d'équilibrages et de rééquilibrages, qui vise à résoudre empiriquement les contradictions dans l'existence sociale même.


  • Pas de résumé disponible.

  • Titre traduit

    Logics of differentiation : former secondary school female pupils of Algerian extraction


  • Résumé

    What are, at the end of the XXth century, the social destinies of Algerien migrant workers' daughters who belonged to the first generation who completed their secondaries studies? The question is addressed from a sociological and anthropological perspective. The method used is a comparative one. This research mainly draws from some field-work based on thorough interviews with young women of Algerian, Spanish, Italian and French extraction. Most of them went to the same comprehensive school in the suburbs of Lyons. In the early 2000's they lived in the region where they had grown up in the 1960's and 1970's. The systematic analysis concerns the relations between the various modes of primary and secondary socialisations in the spheres of family, school and age groups on the one hand, and in the other hand the different behaviours when entering adult life as well as later on. At the same time, this study pinpoints the relationship between the behaviours and the various underlying meaningful representations which underpin practical choices. An exclusively maternal socialisation leads to a social identity predetermined by the female gender. When socialisation is both maternal and paternal and when girls handle responsabilities perceived as male one, they are encouraged to become self-centred and to establish competitive relationship with other people. When cultural contradictions are involves in socialisation, il tends to create an off-centred attitude and cause women to embark on an endless quest for balance, trying to solve the contradictions of their very social existence in a pragmatic way.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (623 p., 124 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 611-633

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