La vielle à roue dans la musique baroque française : instrument de musique, objet mythique, objet fantasmé ?

par Paul Fustier

Thèse de doctorat en Musicologie

Sous la direction de Pierre Saby.

Soutenue en 2006

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Ce travail tente d'expliquer une bizarrerie de la vie musicale française, sous le règne de Louis XV. La vielle à roue, qui était essentiellement un instrument mouliné par des mendiants au coin des rues (la lira mendicorum), est l'objet d'un puissant engouement qui envahit l'aristocratie parisienne, et jusqu'à la famille royale, entre 1725 et 1765, avec plus de deux cents œuvres publiées à Paris. Nous cherchons à comprendre le pourquoi et le comment de cette mode subite et éphémère. Nous défendons l'idée que la vielle est un instrument mis au service du mythe de l'Arcadie qui est très actif en cette période baroque, l'instrument pouvant symboliser la figure de ce villageois idéalisé, personnage central du mythe au XVIIIe siècle. Pour devenir lyre d'Apollon, il faudra que la vielle soit l'objet d'une transformation concernant sa lutherie, ses techniques de jeu, son répertoire. Il s'agit en effet de décontaminer la vielle de ce qui évoque son passé mendiant mais aussi de promouvoir une ruralité idéalisée qui en ferait un instrument susceptible de tenir sa place dans le panthéon des instruments " nobles " qui vont intéresser les aristocrates. Mais pour quel répertoire ? Peut-on dire que la vielle convient à tous les répertoires savants ou n'est-elle concernée que par le seul répertoire champêtre, qu'il faut alors comprendre comme une expression musicale d'origine rustique ou populaire, mais totalement transfigurée par le travail de la " baroquisation " ?

  • Titre traduit

    The hurdy-gurdy in baroque music : musical instrument or mythical object ?


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    These pages have been written to explain a quaint aspect of French musical life under the reign of Louis XV. The hurdy-gurdy (Vielle à roue), which so far had been customarily an instrument used by beggars playing on streets corners (lira mendicorum), unexpectedly became the object of a sudden and powerful enthusiasm. From 1725 to 1765, with more than two hundred published pieces of music, it invaded the world of aristocracy and even conquered the royal family. In this study we are making an attempt to understand the reasons for that sudden and ephemeral passion. Our thesis is that the hurdy-gurdy became an instrument destined to serve the myth of Arcadia, commonly believed in during that period of time, by representing the image of the idealized countryman , a central character of the eighteenth century. In order to remove and purify it from any memory of its association with beggars and to make it become the Lyre of Apollo, the manufacture, the playing, the repertory of the hurdy-gurdy had to be completely transformed. The challenge was also to promote an idealized country life so as to make the hurdy-gurdy an instrument worthy to enter the Pantheon of the noble instruments of the aristocrats. . . As to the repertory, is it possible to say that the hurdy-gurdy is suitable for any high level music score? Or rather should we say that it can serve only the country repertory, which is then to be defined as music of a rustic and popular style, even though completely transformed by the influence of the Baroque.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (329 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 311-320. Index

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