Etude de LMP1, oncogène majeur du virus d'Epstein-Barr : autorégulation de son expression par les effets antagonistes des voies de signalisation cellulaire JNK et NFkB

par Gautier Goormachtigh

Thèse de doctorat en Aspects moléculaires et cellulaires de la biologie. Biochimie et biologie moléculaire

Sous la direction de Jean Coll.

Soutenue en 2006

à Lille 2 .


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  • Résumé

    Le virus d'Epstein-Barr (EBV) est un herpèsvirus humain qui infecte une très grande majorité de la population mais, ces infections restent, pour la plupart, asymptomatiques. Cependant, la capacité d'EBV à transformer in vitro des lymphocytes B normaux en lignées cellulaires lymphoblastoïdes (LCL), ainsi que sa détection fréquente dans bon nombre de tumeurs humaines, incluant les lymphomes de Burkitt, des patients immunodéprimés, T ou NK, la maladie de Hödgkin et les carcinomes du nasopharynx, de l'estomac ou même du sein, nous montre que ce virus peut également contribuer à certains processus de cancérisation. LMP1 (Latent Membrane Protein 1), une des protéines fréquemment exprimées lors de ces différentes pathologies malignes, a été décrite comme une molécule clé pour la transformation cellulaire et l'effet oncogène d'EBV. Cependant, dans la grande majorité des cancers associés au virus, EBV exprime un programme de latence de type II. Or, aucune preuve directe de l'importance de LMP1 dans des cellules transformées par EBV et présentant une latence de type II n'a été apportée. Dans notre laboratoire, deux lignées celullaires présentant cette latence virale ont été obtenues à partir de cellules sanguines infectées par EBV. Ces cellules sont de deux types : une dérive d'un lymphocyte T (NC5) alors que l'autre est d'origine monocytaire (TE1). Au début de mon travail de thèse, grâce à l'emploi d'oligonucléotides antisens, nous avons pu montrer que la lignée TE1 était dépendante de LMP1 pour sa survie et sa prolifération. Les propriétés oncogènes de LMP1 sont liées à sa capacité d'activer de façon chronique des voies de signalisation cellulaire. En effet, LMP1 est une protéine membranaire fonctionnellement apparentée à la famille des récepteurs du TNF, mais aussi des récepteurs de l'IL-1 et les " Toll-like receptors ". Cette parenté se caractérise par l'utilisation d'adaptateurs (TRAFs, TRADD, RIP. . . ), de médiateurs (IRAK1, TAK1. . . ) et de voies de signalisation cellulaire (NFB, JNK, IRFs. . . ) communes. La région C-terminale (CT) cytosolique de LMP1, via des domaines TES1 (Transforming Effector Site 1) et TES2, permet la fixation de ces adaptateurs et de l'activation de ces voies de signalisation cellulaire. Nous avons développé et caractérisé un mutant dérivé de LMP1 en fusionnant sa partie CT en aval de la proteine fluorescente GFP. Par des approches de transactivation, de co-immunoprécipitation et de microscopie confocale, nous avons démontré que ce mutant LMP1-CT était capable de séquestrer les adaptateurs TRAF et TRADD dans le cytosol et ainsi d'inhiber la signalisation de LMP1. Grâce à de dominant négatif, nous avons pu montrer que notre autre lignée infectée par EBV et présentant une latence de type II (NC5) était, elle aussi, dépendante de LMP1 pour sa survie et sa prolifération. Avec tous ces " outils " cellulaires et moléculaires, nous avons enfin cherché à savoir quelle était l'origine de l'expression de LMP1 lors du programme de latence de type II d'EBV. En effet, lors de cette latence, c'est à dire en l'absence du principal transactivateur viral (EBNA2), le mécanisme responsable de l'expression de LMP1 n'a pas été expliqué. Nous avons tout d'abord étudié la possibilité d'une autoactivation de LMP1 grâce à des cotransfections transitoires en cellules épithéliales (HEK 293). Nous avons alors établi que LMP1 était capable d'activer son propre promoteur via l'induction par le domaine TES2 du module MKK7 de la voie. JNK, mais aussi de l'inhiber via l'induction de la voie NFB. Grâce à l'utilisation d'inhibiteurs pharmacologiques des voies de signalisation NFB et JNK, nous avons également pu conforter ce modèle d'autorégulation sur l'expression endogène de LMP1 dans les cellules TE1 (latence de type II, i. E. Absence d'EBNA2) mais également, dans des LCLs, où EBNA2 est pourtant l'inducteur majeur. De plus, en exprimant de façon inductible le dominant négatif LMP1-CT dans nos lignées NC5 et TE1, nous avons pu mettre en évidence le rôle majoritaire du signal émis par LMP1 pour le maintien de sa propre expression lors des latences de type II d'EBV. En conclusion, cette étude nous a permis de (i) développer des modèles physiologiques de cellules infectées et immortalisées par EBV ayant une latence virale de type II, (ii) d'apporter la démonstration du rôle essentiel de LMP1 lors de cette latence et, (iii) d'expliquer le mécanisme permettant le maintien de son expression lors de cette même latence. Ce travail soulève aussi le problème de l'inhibition pharmacologique de la seule voie NFB lors d'approches thérapeutiques des cancers associés à EBV mais, apporte également des éléments intéressants pour le développement de molécules dérivées de LMP1 pouvant inhiber ses effets.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (128 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 109-128

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  • Bibliothèque : Université du droit et de la santé. Service Commun de la Documentation. BU Santé - Learning center.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 50.379-2006-11-C
  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris). Pôle pharmacie, biologie et cosmétologie.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MFTH 7237
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