Femmes et cancer : de l'errance au sens

par Hélène Hamon

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Charles Amourous.

Soutenue en 2006

à Grenoble 2 .


  • Résumé

    L'individu touché par le cancer est acculé à penser l'impensable : sa propre mort. Sa vision du monde, des autres et de lui-même se trouve bouleversée au moment même de l'annonce de la maladie grave. Néanmoins, les individus malades refusent le plus souvent ce chaos engendré par l'annonce du cancer dans leur vie. Pour que celle-ci reste possible et supportable, pour que les malades puissent continuer à affronter leur existence, ils vont devoir produire le sens de leur maladie. A l'issue de ce travail de recherche, nous observons combien, pour ces femmes rencontrées, la possibilité de reconstruction du monde vécu passe par la mise en récit. C'est la nomination des origines de la maladie qui aide à la reconstruction du monde vécu, via la symbolisation de la maladie et de ses conséquences. Cette mise en récit permet à la personne de situer l'évènement de la maladie et la souffrance dans une histoire, elle permet de classer les évènements de sa biographie dans un ordre temporel significatif où est inclus le temps du cancer. Le travail de ces femmes est celui d'une intégration : il s'agit de faire sien un évènement qui en apparence seulement s'abat de l'extérieur, tel un accident. Le corps, les organes touchés par le cancer, la maladie sont ainsi matière de symboles, et c'est également à cette dimension du corps que s'adressent les soignants, malgré eux le plus souvent, sans en avoir pleinement conscience. Ainsi nous nous demandons dans ce travail de recherche dans quelle mesure le vécu des patientes ici analysé et la vie à l'hôpital se rejoignent-t-ils ? La culture des femmes atteintes par un cancer gynécologique et la "culture hospitalière" se rencontrent-elles ?


  • Résumé

    The individual hit by a cancer is forced into thinking of the unthinkable : his own death. At the very moment when the serious illness is announced, his vision of the world, of others and himself gets shattered. Nevertheless most of the time ill persons refuse the chaos induced by the arrival of cancer in their life. But in order to keep that life bearable and the will to fight for existence, patients will have to produce the meaning of their illness. In the end, among the women we met for this research work, we observe that a reconstruction of the actual world is only possible through the setting of a narration. The process of naming the origins of the illness helps to the reconstruction of the actual world by way of a symbolization of the illness and of its consequences. This setting of a narration allows the individual to situate the advent of the illness and sufferings inside a story. Thus the events of his biography are classified in a meaningful temporal order including the time of cancer. What these women have to do is a work of integration: the point is to make that event a part of their own self, although it seems to hit from the outside, like an accident. Then the body, the ill organs and the illness itself are a ground for symbols. The nursing staff also appeal to that dimension of the body, most of the time in spite of themselves, without fully realizing it. That way, in this research work we do wonder to what extent the patients actual experience is linked together with hospital life. Does the culture of women hit by gynaecological cancer ever meet "hospital culture" ?

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Informations

  • Détails : 1 vol. (425 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 362-369

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Service Interétablissement de la documentation (Saint-Martin-d'Hères, Isère). Bibliothèque universitaire Droit-Lettres.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : 205143/2006/19
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