Une cause sans conséquences : comparaison des trajectoires politiques des éthers de glycol en France et en Californie

par Jean-Noël Jouzel

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Claude Gilbert.

Soutenue en 2006

à Grenoble 2 .


  • Résumé

    La circulation environnementale et professionnelle de dizaines de milliers de molécules aux propriétés toxiques mal connues génère une situation d'incertitude radicale. Depuis le milieu des années 1990, la France a mis en place une série de dispositifs institutionnels destinés à améliorer la connaissance et le contrôle des effets de ces substances, alors que, dans le même temps, ce problème semblait connaître une publicisation croissante. L'objet de cette thèse est de s'interroger sur la profondeur de ces mutations en comparant un cas de conflit politique autour d'une même substance – les éthers de glycol, vaste famille de solvants très répandus dont certains peuvent entraîner une toxicité pour la fonction de reproduction – en France et en Californie. La Californie correspond en effet à un cas dans lequel le contrôle des substances toxiques dans les environnements généraux et professionnels a été mis en place dès les années 1970 selon des modalités technocratiques qui ont donné lieu à d'importants épisodes de contestation politique et judiciaire, contrastant avec le silence qui a longtemps prévalu en France autour de ces question. En suivant à la trace les trajectoires politiques des éthers de glycol dans ces deux aires politiques, la thèse montre que les acteurs des conflits liés à ces substances en France sont prisonniers d’espaces de compromis au sein desquels il leur est impossible d'appréhender les situations dans toute leur incertitude. A l'inverse, l'histoire politique californienne des éthers de glycol donne à voir un univers d'acteurs qui se donnent les moyens d'explorer les situations conflictuelles dans toutes leurs dimensions, même les plus incertaines.


  • Résumé

    The environmental and professional circulation of thousands of chemicals which toxic effects are not very well known generates a radically uncertain situation. Since the middle of the 1990’s, a series of institutional structures have been created in order to improve the knowledge of these effects and their control. In the meantime, this problem has become more and more visible in public space and controversial. This dissertation's purpose is to question the limits of these mutations by comparing two different political contexts, France and California, which had to manage the conflict due to the same chemical – the glycol ethers, a group of highly used solvents, some of them being reproductive toxicants. In California, a technocratic control of chemicals exists since the beginning of the 1970's, and this system has been highly contested in political and judicial arenas, which is very different from the much more silent approach to these questions prevailing in France. By tracking the political trajectories of the glycol ethers in these two areas, the dissertation shows that, in France, the actors taking part in the conflict linked to these chemicals are unable to break the compromises which limitate their capacity to tackle very uncertain issues. On the contrary, the Californian actors of this controversy have acquired a capacity to engage radical conflicts about the situations of chemical dangers and uncertainties.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (490 f.)
  • Notes : Reproduction autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 414-440

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  • Bibliothèque : Service Interétablissement de la documentation (Saint-Martin-d'Hères, Isère). Bibliothèque universitaire Droit-Lettres.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : 205141/2006/22
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